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Smic : Jean-Pierre Farandou, le ministre du travail, juge « important » d’essayer de franchir la « barre des 1 500 euros net »

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Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a jugé « important », vendredi 6 novembre sur TF1, d’essayer de « franchir la barre » des 1 500 euros net pour le smic mensuel, actuellement de 1 477,93 euros, trois jours avant une « conférence sociale » convoquée par le premier ministre à Matignon à laquelle les syndicats et le patronat sont conviés.

Le ministre a précisé que les discussions étaient encore en cours jusqu’à dimanche et que son objectif était de « converger » pour arriver à un compromis sur le smic, les minima de branches et les négociations salariales dans les entreprises, au lendemain d’une journée de grève et de manifestations contre la vie chère qui a mobilisé jeudi plus de 1,5 million de personnes selon les syndicats, et 575 000 selon le ministère de l’intérieur.

« Si on augmente trop vite et trop fort les salaires, les masses salariales augmentent, les entreprises sont dans la difficulté et elles réduisent l’emploi. Elles peuvent même fermer parfois ou alors elles répercutent sur les prix et c’est la vie chère », a poursuivi M. Farandou, appelant donc à « de l’équilibre ».

« Il n’y a pas que le smic dans la vie », dénonce Marylise Léon

Le ministre s’est dit favorable à une augmentation dès décembre avant la revalorisation automatique du 1er janvier, indexée sur l’inflation : « Je trouve que c’est un symbole (…). Ça prouve qu’on agit », a plaidé M. Farandou. Sur le « coup de pouce », c’est-à-dire une majoration supplémentaire dont le quantum est fixé, de façon discrétionnaire, par l’Etat, « rien n’est acquis, tout n’est pas tranché », a-t-il fait savoir, rappelant que le dernier datait de 2012.

Côté syndicats, « quand on voit l’explosion du coût de la vie, ce n’est pas + 0,6 % sur le smic qui va répondre » aux attentes, a prévenu Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. « On n’est pas là pour une opération pièces jaunes », a-t-elle ironisé jeudi, sur LCI.

Au-delà du salaire minimum, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, comme Sophie Binet réclament des hausses de salaire. « Il n’y a pas que le smic dans la vie (…), lorsque l’entreprise le peut, elle doit pouvoir répondre à cette demande d’augmentation salariale », a déclaré Mme Léon, jeudi sur BFM-TV et RMC, estimant « qu’il y a des marges de manœuvre et des possibilités de travailler sur beaucoup plus de justice sociale ». « Nous appelons à l’ouverture immédiate de négociations sur les salaires dans toutes les entreprises et dans toutes les branches, le patronat doit prendre ses responsabilités », a renchéri Mme Binet.

Mais pour le président de l’organisation patronale Les Entrepreneurs, Amir Reza-Tofighi, le patronat « ne peut pas en même temps nous augmenter le coût du travail et en même temps augmenter le salaire ». « Tous les salaires qui sont au-dessus du smic risquent de ne pas augmenter parce que les entreprises n’auront pas les moyens de suivre l’évolution du smic », a-t-il déclaré sur RTL jeudi.