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Théâtre : en 1947, un triple lever de rideau pour effacer la barbarie

· Culture

Et les murs de Princes Street se couvrirent de fleurs… 22 août 1947, Edimbourg. Dans un pays laissé exsangue par la guerre, les habitants sont allés chercher eux-mêmes dans leurs jardins matière à redonner vie à l’artère commerçante, et dans leurs propres caves le charbon nécessaire pour illuminer le château. Et pour quoi ? Pour un festival de musique, de théâtre et de danse, pensé comme un antidote culturel à la barbarie dans cette Europe dévastée. L’acteur Alec Guinness, les cadors shakespeariens de l’Old Vic Theatre de Londres, les stars du Sadler’s Wells Theatre ; Louis Jouvet et sa compagnie, les musiciens de l’Orchestre national de Vienne… Tous seront hébergés chez l’habitant.

Avant la guerre, Rudolf Bing, un juif autrichien installé en Angleterre, où il dirige la maison d’opéra de Glyndebourne, se rend dans son pays natal. A peine est-il arrivé à Vienne que l’Allemagne envahit l’Autriche. Avec l’Anschluss, aucun citoyen, surtout pas juif, n’est autorisé à quitter le pays. Par chance, il a sur lui le laissez-passer d’un député britannique qui devait être du voyage avant de renoncer. Rudolf Bing maquille son accent et finit par rejoindre in extremis sa famille en Angleterre. C’est à ce rescapé que les îles Britanniques doivent le festival qui va devenir l’un des fleurons européens du spectacle vivant.

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