Top 14 : le Stade français et le Racing 92 qualifiés pour les demi-finales
Il y aura deux clubs franciliens dans le dernier carré du Top 14, après la victoire en barrages, dimanche 14 juin, du Stade français qui, en battant la Rochelle, a rejoint le Racing 92, qualifié la veille grâce à son succès à Pau.
Les deux formations descendront donc à Marseille pour les demi-finales prévues lors du prochain week-end, le Racing 92 pour y défier le triple champion de France toulousain, tandis que le Stade français affrontera Montpellier.
Ce dernier a écrasé, dimanche, La Rochelle à Jean-Bouin (45-5), imposant, avec notamment six essais, sa puissance contre une équipe à bout de souffle et sans solution. Le titi Romain Briatte a marqué un premier essai dès la sixième minute, alors que les visiteurs n’avaient toujours pas dépassé la ligne médiane.
Plus percutants, à l’image d’un Yoan Tanga dévastateur, les joueurs du Stade français ont toutefois eu du mal à concrétiser leur domination dans un premier temps. La faute, notamment, à deux pénalités ratées par l’ouvreur Louis Carbonel. Sur un nouveau coup de sifflet de l’arbitre en leur faveur, ses partenaires ont préféré partir en touche : Romain Briatte a aplati sur le ballon porté quelques secondes plus tard (14-0, 30e).
Et parce que les Parisiens se sont évertués à souligner durant la semaine en conférence de presse qu’ils étaient devenus une équipe « plus complète », un autre titi, l’arrière Léo Barré, y est allé de son essai en slalomant dans la défense rochelaise, pour éteindre tout suspense à la pause (19-0).
Triplé de Romain Briatte
De leur côté, les Rochelais n’ont eu que quelques munitions : mais proche des lignes, Paul Boudehent a été retourné dans l’en-but (12e), tandis que sur les 22 mètres, Antoine Hastoy a été intercepté par Léo Barré (13e). Ils ont, en plus, subi des blessures, comme un spectre de leur hiver éprouvant : le pilier droit Joel Sclavi a tenu dix minutes, le deuxième ligne Charles Kante trente et Paul Boudehent une mi-temps avant d’être touché aux ischos.
Les Rochelais ont tenté une timide révolte en début de seconde période, récompensée par un essai de Jules Favre (19-5, 50e), mais les nombreux changements parisiens dans la foulée ont redonné aux « soldats roses » l’énergie et la domination, concrétisées par deux essais de Joe Marchant et Jeremy Ward (33-5, 66e). Les Rochelais, amorphes, ont encaissé deux derniers essais pour conclure leur saison, dont un après la sirène de Romain Briatte pour son triplé.
Le Racing 92, expert en barrage, avait lui mis fin, samedi, à la très belle saison de Pau en s’imposant 33-31 au stade du Hameau, jusque-là imprenable cette saison. Les « ciel et blanc » ont notamment profité d’un début de seconde période tonitruant, infligeant un 17-0 en huit minutes à des adversaires alors sans répondant et qui ne parviendront pas à renverser la vapeur.
Retour au sommet
Peu ont parié sur un tel destin en début de saison pour les deux clubs franciliens, tant la précédente a été difficile : le Stade français n’avait assuré son maintien que lors de la dernière journée en terminant finalement 12e, deux places derrière le Racing 92, qui avait aussi flirté avec la zone rouge en cours de saison, au point de changer d’entraîneur, avec l’arrivée de Patrice Collazo début 2025.
Les deux clubs ont utilisé des stratégies différentes à l’intersaison : là où le Racing 92 a chamboulé son effectif avec une quinzaine de nouveaux joueurs, le Stade français a conservé quasiment la même équipe. Mais avec une même domination d’avants et des joueurs arrières capables de se mettre au diapason.
Rapidement libérées des matchs européens, et avec très peu de joueurs mobilisés avec le XV de France, les deux équipes ont pu se consacrer uniquement au Top 14. Le Stade français s’est rapidement installé en haut du classement, signant notamment au cœur de l’hiver des victoires probantes à Bordeaux et à Toulon. De son côté, le Racing 92 a accéléré en fin de saison, arrachant sa qualification pour la phase finale grâce à une victoire à Clermont et un succès in extremis contre un Toulouse remanié à domicile.
La saison est déjà réussie pour les deux clubs qui peuvent tout donner lors de demi-finales pour lesquelles ils n’ont pas grand-chose à perdre.