La coïncidence n’avait clairement pas été désirée, mais elle n’a fait que donner plus de sens à cette série qui a replongé la Serbie dans la période trouble de la fin de la Yougoslavie et de l’assassinat, en 2003, du premier ministre d’alors, le libéral Zoran Djindjic. C’est en effet le 2 novembre 2024 que le premier épisode d’Opération Sabre a été diffusé à la télévision nationale serbe (RTS), soit le lendemain de l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad, deuxième ville de ce pays des Balkans, située à 100 kilomètres de la capitale, Belgrade.
Causant 16 morts, ce drame a profondément choqué les Serbes et déclenché les plus vastes manifestations observées depuis la chute de l’ex-dictateur Slobodan Milosevic, en 2000. Pour beaucoup de ceux qui descendent alors massivement dans la rue, impossible de ne pas faire le parallèle entre cette corruption persistante qu’ils accusent d’être responsable de cet accident survenu dans un bâtiment fraîchement rénové et cette série diffusée quatre week-ends de suite sur leurs écrans et attirant à chaque fois plus de 1 million de téléspectateurs dans un pays comptant 6,7 millions d’habitants.
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