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Surpopulation carcérale : au 1ᵉʳ juillet, le nombre de détenus dans les prisons françaises atteint 89 446, un nouveau record

Surpopulation carcérale : au 1ᵉʳ juillet, le nombre de détenus dans les prisons françaises atteint 89 446, un nouveau record

Les prisons françaises comptaient 89 446 détenus au 1er juillet, nouveau record dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon les statistiques officielles du ministère de la justice consultées vendredi 31 juillet par l’Agence France-Presse.

Cela représente une augmentation sur un an de près de 4 495 détenus (+ 5,3 %). Alors que le nombre de places opérationnelles était au 1er juillet de 63 289 (+ 1,2 % sur un an), celui de matelas posés au sol, faute de lits, s’est établi à 7 890, en hausse de 35,4 % sur un an. La densité carcérale était de 174,5 % dans les maisons d’arrêt, où sont détenues les personnes condamnées à de courtes peines ou celles en attente de jugement et donc présumées innocentes. Le taux de sur-occupation globale était de 141,3 % au 1er juillet.

Surveillants comme directeurs de prison alertent sans relâche sur un système pénitentiaire au bord de l’explosion. Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.

« Les alternatives à l’incarcération (…) sous-utilisé »

Début juillet, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, déplorait une absence de « mesure d’envergure nationale » en près de trois ans pour enrayer la surpopulation carcérale, dans un avis publié au Journal officiel.

Le ministère de la justice compte ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027. Or, seulement un tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

« La construction de nouveaux établissements ne saurait constituer une réponse pertinente : au regard du rythme actuel de progression de la surpopulation, il conviendrait, pour l’absorber, de mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six semaines », alertait Dominique Simonnot dans son avis. « Les dispositifs d’aménagement de peine et les alternatives à l’incarcération, bien qu’indispensables, demeurent sous-utilisés ou entravés par des conditions de mise en oeuvre restrictives », ajoutait-elle.

La France est l’un des plus mauvais élèves de l’Europe en matière de densité carcérale, ex-aequo avec la Turquie en termes de surpopulation, devant la Croatie et l’Italie notamment, selon les chiffres 2025 du Conseil de l’Europe.

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