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Trois albums à découvrir cette semaine, de l’inventif Quatuor Zaïde à l’hypnotique Tricky

· Culture
  • Quatuor Zaïde

Quatuor Zaïde

Reich-Dessner

Référence majeure du catalogue de Steve Reich, Different Trains bénéficie d’une large discographie depuis sa création en 1988 par l’iconoclaste Kronos Quartet. Chaque nouvelle approche se risque donc à une comparaison avec celle des créateurs dont l’enregistrement publié par le label Nonesuch a obtenu un Grammy Award. Le Quatuor Zaïde, toujours très inventif, a redistribué les cartes de l’interprétation en s’appropriant un des fondements de la bande magnétique avec laquelle les musiciens doivent dialoguer. Ils ont réenregistré, avec l’autorisation du compositeur, les trois quatuors à cordes fixés jadis sur la bande par les Kronos. Le changement des habitudes ne s’arrête pas là. La partie vocale de la bande (échantillons prélevés auprès de personnes âgées ayant fréquenté les trains qui ont inspiré Steve Reich) est beaucoup plus sonore que d’ordinaire, ce qui apparente la pièce à un documentaire. En outre, l’interprétation très séquentielle des Zaïde nuit à la fluidité du parcours. Livrée en complément, la musique de Pulsing, de Bryce Dessner, ne saurait, elle, soutenir la comparaison avec celle de Steve Reich. Harmonie indigente, mélodie mille fois entendue, du répétitif cross over (classique, folk, électro) qui vire à la rengaine. P. Gi

  • Tricky

Tricky

Different When It’s Silent

Le Britannique Adrian Nicholas Matthews Thaws, connu sous l’alias Tricky, ne souhaitait plus se mettre au premier plan depuis l’austère Fall To Pieces (2020), disque endeuillé par le suicide de sa fille Mazy en 2019. L’électron libre du trip-hop préférait depuis multiplier les collaborations sur son label False Idols. C’est finalement son nouveau manageur, l’incontournable Alan McGee (Oasis), qui convaincra l’éternel bad boy de Bristol de 58 ans de publier sous son nom ce captivant douzième opus. Avec une approche plus organique et des guitares proéminentes, Different When It’s Silent malaxe blues urbain étouffant, post-punk tranchant et beats trip-hop poisseux – les hypnotiques I’m Yours, Be Still in the Pain, So Cold. Chose rare, les voix féminines sont quasi absentes (à l’exception d’Out Of Place, chanté par Marta), le micro principal étant confié au prometteur Mitch Sanders, dont le falsetto soul tourmenté se confond à merveille avec l’univers brumeux de Tricky : Because I Don’t Know, electro punk malsain et rampant façon Death in Vegas ; la reprise sertie de cordes de Dope Lemon, Marinade, ou encore deux joyaux épurées, Piano comme son titre l’indique, et l’acoustique hanté Hengrove Blues. Un très bon cru. Fr. C.

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