Un homme lié à « l’ultragauche radicale violente » mis en examen pour un projet d’attaque terroriste contre les forces de l’ordre
Depuis les attentats sanglants perpétrés par le groupe Action Directe dans les années 1980, les dossiers de terrorisme d’ultragauche se comptent sur les doigts d’une main. On prête pourtant à cette mouvance difficilement saisissable la responsabilité d’un certain nombre d’attaques ces dernières années, entre dégradations de voies ferrées, destructions d’antennes-relais ou encore incendies contre des sites institutionnels. Mais la justice antiterroriste rechigne à s’en saisir, marquée par l’affaire Tarnac en 2008, un dossier de sabotages coordonnés de lignes SNCF qui s’était soldé en 2018 par une relaxe quasi-générale des prévenus et l’abandon des charges terroristes lors du procès.
L’arrestation récente d’un militant, que les services antiterroristes présentent comme lié à « l’ultragauche radicale violente », pourrait toutefois accréditer la consistance de cette menace, moins visible que celle liée au djihadisme. Selon les informations du Monde, confirmées par le Parquet national antiterroriste (PNAT), un homme de 28 ans a été mis en examen, samedi 4 juillet, pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un crime d’atteinte aux personnes ». Incarcéré à sa sortie d’interrogatoire, il a finalement été placé sous contrôle judiciaire mercredi 8 juillet à l’issue d’un débat différé devant le juge des libertés et de la détention, contre les réquisitions du PNAT.
Serveur dans un restaurant de la région parisienne, A.M. est soupçonné d’avoir projeté une action violente contre les forces de l’ordre. Le suspect avait été initialement détecté sur les réseaux sociaux où, de manière virulente, il appelait à l’action armée contre les symboles de l’Etat et en particulier contre la police. De source proche de l’enquête, on évoque un profil « antifa », pour antifasciste, sans qu’aucune appartenance à un groupe constitué ait été décelée à ce stade des investigations.
Les services de la préfecture de police de Paris avaient d’abord signalé au parquet d’Evry, département de domiciliation du mis en cause, plusieurs de ses publications, litigieuses, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale (qui fait obligation à un fonctionnaire de dénoncer tout crime ou délit dont il a connaissance), pour des faits pouvant relever de l’apologie ou de la provocation à la commission d’un crime ou d’un délit. Au début du mois de juillet, A.M. est placé en garde à vue dans un service d’enquête local pour s’expliquer sur son activisme haineux en ligne.
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