« Un jour, les habitants du dernier étage chercheront des responsables » : vivre sous les toits par 40 °C
Quand l’orage a éclaté au-dessus de Paris, un peu avant 19 heures, jeudi 18 juin, le thermomètre de cette chambre d’un septième et dernier étage, dans le quartier de Barbès, dans le nord de la capitale, à triple exposition (est, sud et ouest), affichait 42 °C. Dehors, il a soudain fait un peu plus frais ; dedans, la température n’est pas descendue sous 36 °C. Le week-end, l’étuve est montée d’un cran. Et la semaine du 22 juin s’annonce extrême avec la moitié de la France placée, mardi, en vigilance rouge.
« Sans refuge, je ne peux pas m’avancer sur la rentrée, comme je l’espérais. Mais c’est surtout en mai que la situation m’a le plus rongé, affirme Matthieu, professeur d’histoire-géographie dans un établissement de la Seine-Saint-Denis (les témoins cités par leur seul prénom ont préféré garder l’anonymat). Habituellement, les fortes chaleurs tombent pendant les vacances d’été, quand je ne donne plus cours. » Lever à 6 heures, pour être au lycée à 8 heures. « Certaines nuits, je ne m’endormais qu’à 3 heures ; d’autres, j’étais réveillé dès 4 h 30. Et j’avais de cinq à six heures devant les élèves. En temps normal, cela demande déjà beaucoup d’énergie. J’étais épuisé. » La fournaise rendait toute sieste impossible. Le mur contre lequel est appuyé son lit – plein sud – chauffe. Derrière, c’est du zinc. Entre les deux, rien, ou presque.
« Cette année, j’ai encore franchi un cap. C’est la première fois que j’ai des symptômes, des maux de tête qui durent. D’un problème de confort, je suis passée à un problème de santé », explique Sarah, 39 ans, locataire d’un 25 mètres carrés, dans le 14e arrondissement. Elle aussi habite au dernier étage de son immeuble. Un joli appartement sur cour, aux rampants extérieurs couverts d’ardoise, toit en zinc, sans volet. Son premier vrai logement, loué à 500 euros à une femme du Cotentin qui lui dépose une boîte d’œufs quand elle vient à Paris. « Il y a une gradation dans les épisodes depuis six ans : avant, c’était juste un ou deux jours en juillet-août. Maintenant, les plages sont plus précoces, plus fréquentes et s’allongent. »
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