Plusieurs centaines de personnes étaient toujours rassemblées, dimanche 7 juin, pour une free-party commencée dans la nuit de vendredi à samedi sur un terrain situé sur la commune de Ferrières-les-Verreries, au nord de Montpellier (Hérault), selon les autorités. Dans un point de situation publié sur les réseaux sociaux dans la matinée, la préfecture a fait savoir que « 50 véhicules (200 personnes) ont déjà quitté les lieux » et précisé que le nombre de participants était désormais « estimé à 1 800 personnes ».
« Il y a probablement entre 5 000 et 10 000 participants », a affirmé, pour sa part, Sophie Mazas, avocate, présidente de la Ligue des droits de l’homme dans l’Hérault, appelant à plus de concertation entre organisateurs et préfecture, et présente sur les lieux aux côtés de France Nature Environnement.
Sur le terrain occupé par la free-party, dont une partie est située en zone Natura 2000 Hautes Garrigues du Montpelliérais, « un périmètre de protection pour protéger la flore a été installé », a précisé Sophie Mazas. « Des espèces protégées ont été entourées par des [rubans de signalisation]. Les organisateurs ont également fait de grands affichages sur des draps pour sensibiliser les participants », a-t-elle ajouté.
Près de 160 gendarmes sont mobilisés pour sécuriser le site et procéder aux contrôles en sortie, a rapporté la préfecture qui a annoncé qu’« une centaine d’amendes (…) ont été délivrées pour des usages et détentions de stupéfiants et des détentions d’armes blanches ».
Interdit par arrêté préfectoral
Dans l’Hérault, un arrêté interdit « l’organisation de tout événement de type rave party sur l’ensemble du territoire jusqu’à la fin de l’année 2026 ».
A l’appel des collectifs de défense des free-parties, une mobilisation avait rassemblé, le week-end précédent, plusieurs centaines de manifestants à Marseille et Montpellier notamment, protestant contre le projet de loi Ripost, qui veut durcir leur pénalisation. Samedi, à Rennes, plusieurs milliers de personnes ont organisé une nouvelle « manifestive ».
Adopté au Sénat, le projet de loi Ripost doit maintenant être débattu à l’Assemblée nationale. Pour les organisateurs de fêtes, il prévoit une peine de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, et jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende pour les participants. Le seuil de déclaration obligatoire en préfecture serait abaissé à 250 participants contre 500 actuellement.