« Une petite affaire » : plongée théâtrale dans la machine à broyer du régime nazi
Berlin, 1940. Anna et Otto Quangel apprennent, par un courrier, que leur fils unique a été tué à la guerre. Terrassé par ce drame, ce couple de condition modeste décide, à son échelle, de résister. Agissant selon leurs forces, peu importe qu’elles paraissent dérisoires, cet ouvrier en menuiserie et cette femme au foyer vont écrire de petits textes contre Hitler sur des cartes postales qu’ils déposent, au fil des mois, dans les halls d’immeuble et les cages d’escalier. Le premier sera : « Le Führer a assassiné mon fils. Mère ! Le Führer va aussi assassiner tes fils, il n’arrêtera pas, même quand il aura porté le deuil dans chaque maison sur terre. » Deux cent soixante-seize autres cartes et neuf lettres suivront, qui pour l’immense majorité seront remises à la Gestapo. En 1942, Anna et Otto sont arrêtés par la police, jugés, condamnés pour trahison d’Etat et exécutés.
Voici la Petite affaire qu’a choisi de mettre en scène Jean Bellorini avant de quitter, fin décembre, la direction du Théâtre national populaire (TNP) de Villeurbanne et de partir en Suisse diriger le Théâtre de Carouge. Pour sa dernière création après six années à la tête de cette institution théâtrale rhônalpine, Jean Bellorini a adapté Seul dans Berlin (Denoël, 1947) – l’œuvre fleuve de Hans Fallada (1893-1947) qui raconte la vie de citoyens allemands ordinaires sous le troisième Reich – en se concentrant sur le couple Quangel, dont l’acte de résistance est inspiré d’une histoire vraie.
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