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Violences commises le 17 octobre : Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, est auditionné à l’Assemblée nationale ce mardi

· Politics

La commission d’enquête parlementaire à l’Assemblée nationale sur les violences des 17 et 18 octobre commence par une audition très attendue : celle de Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, mardi 3 novembre à partir de 16 h 30, après la traditionnelle séance de questions au gouvernement.

A la suite des violences et pillages commis en marge de la mobilisation du 17 octobre et le lendemain, la commission doit se pencher, entre autres, sur « la façon dont les pouvoirs publics se préparent en amont de tels événements » mais aussi sur les « renseignements et les moyens dont ils disposent », alors que l’exécutif a reconnu des défaillances concernant l’anticipation de l’ampleur des mouvements du 17 octobre et que le ministre de l’intérieur a été sous le feu des critiques.

« Le niveau d’information donné aux maires par les préfectures », sera interrogé, mais aussi « les éventuelles ingérences étrangères », « l’influence des réseaux sociaux » et « l’organisation » des auteurs de violences. Par ailleurs le dispositif « de maintien de l’ordre » et ses « éventuels dysfonctionnements » sont dans le viseur des parlementaires, tout comme « l’adéquation de la réponse pénale ». Le président de la commission d’enquête, le député macroniste Vincent Caure, avait déjà fait valoir qu’il souhaitait auditionner le ministre au démarrage des travaux.

Certains parlementaires, particulièrement à gauche, plaidaient au contraire pour que M. Nuñez soit interrogé vers la fin des travaux, pour que leurs questions puissent comporter des éléments soulevés par d’autres auditions (de préfets, maires, responsables de sécurité, témoins, etc.). Une personne peut aussi être théoriquement entendue deux fois.

Une commission d’enquête marquée par des tensions et tergiversations

Reste à savoir dans quelles conditions et par qui sera auditionné le ministre de l’intérieur. Lors de la transformation de la commission des lois en commission d’enquête, une élection à bulletin secret a conduit à la nomination de trois rapporteurs : Agnès Firmin Le Bodo (Horizons), Roger Vicot (Parti socialiste) et Pouria Amirshahi (groupe Ecologistes). Estimant qu’il avait été acté que l’un des postes de rapporteurs lui revienne, au nom d’un équilibre politique et de son poids de premier groupe à l’Assemblée, le Rassemblement national a annoncé qu’il boycottait les travaux.

Et Agnès Firmin Le Bodo s’est mise en retrait, arguant que la « crédibilité » de la commission d’enquête était mise à mal dans ces conditions. La gauche, quant à elle, a appelé à commencer rapidement les travaux, refusant de rejouer la répartition des postes, puisqu’ils ont été attribués par un vote des députés. Hasard du calendrier Laurent Nuñez doit aussi être auditionné lundi par la commission des lois, sur le projet de budget de l’Etat.

Lundi, le locataire de la place Beauvau, qui avait remis sa démission au chef de l’Etat qui l’a refusée, a déclaré qu’il « ne renoncerai[t] à aucun moyen intermédiaire (grenades, gaz lacrymogène…) pour la bonne et simple raison que les policiers ont besoin de se défendre quand ils sont pris à partie » lors de manifestations après que des élus lui ont demandé de renoncer à l’emploi des grenades par les forces de l’ordre, après les graves blessures causées aux lycéens et manifestants.

Le ministre n’a « pas connaissance du caractère nocif du gaz lacrymogène »

A la députée Gabrielle Cathala (La France insoumise) qui mettait en cause l’action de la police, en parlant de « répression », il a répondu : « La répression, elle n’existe pas (…). Nous, on est là pour éviter les troubles à l’ordre public ». « Je suis content quand une manifestation arrive à son terme sans qu’on ait eu à faire usage de la force », a-t-il dit encore.

« Moi, j’interviens quand il y a des violences et uniquement dans ce cas-là », a-t-il insisté en évoquant « les gens (…) qui pètent les vitrines et s’en prennent aux forces de l’ordre et balancent des cocktails Molotov ».

Laurent Nuñez a répondu qu’il n’avait « pas connaissance du caractère nocif du gaz lacrymogène qui est l’armement intermédiaire de base » en réponse à des questions sur les impacts des gaz lacrymogènes sur les femmes (certaines ont fait part de troubles menstruels après les manifestations). « En 2021-2022, on a réalisé un certain nombre d’études et il n’y avait pas d’atteintes constatées, et au contraire même, les effets disparaissent très rapidement », a-t-il poursuivi. « Donc », a ajouté le ministre, « je ne suspendrai pas par principe de précaution l’utilisation du gaz lacrymogène ».