Ils, et quelques rares elles, ont été interpellés lors des pillages de la journée et de la nuit du 17 octobre. Tout juste sortis des geôles des commissariats, les voilà projetés en pleine lumière, mardi 20 octobre, dans le box des salles d’audience de Paris, Lyon et Marseille, pour être jugés en comparution immédiate.
Au tribunal de Paris, quatre salles, le double de l’ordinaire, ont été réservées à la cinquantaine de dossiers du jour. Une cinquième est dédiée à la vingtaine d’affaires jugées selon la procédure allégée de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Deux salles tournent à plein régime à Marseille. Partout, l’urgence. Et un certain « bordel », comme dirait le premier ministre Sébastien Lecornu.
Au sixième étage du tribunal de Paris, les huissiers courent en tous sens, à la recherche des avocats commis d’office qui courent eux-mêmes à la recherche du dossier de leur client. Lorsque résonne enfin la sonnerie qui annonce le début de l’audience, une masse compacte de robes noires fait face aux trois juges de la 23e chambre. Tour à tour, les avocats s’indignent de « la répression historique » menée contre les manifestants, accusent le garde des sceaux, Gérald Darmanin, de « fouler l’indépendance de la justice » en cherchant à « forcer la porte » des tribunaux et à « guider la plume » des juges. L’heure tourne, les retards s’accumulent, et avec eux, les risques de nullité de procédure si les prévenus ne sont pas présentés dans les délais impartis devant le tribunal.
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