Violences sexuelles : Anne, ou le parcours judiciaire ubuesque d’une plainte pour viol sur mineur
« On nous dit de porter plainte, mais voilà ce qu’il se passe. Moi, je suis adulte, maintenant, j’ai fait du chemin. Mais voyez les dégâts. » Anne a 32 ans aujourd’hui. Elle travaille dans le marketing en Bretagne. Et elle va « bien », insiste-t-elle, sans jamais lâcher le sourire de celles qui ont appris à le répéter.
Anne, qui n’a pas souhaité donner son nom, a déposé plainte pour viol sur mineure en avril 2025 pour des faits qui remontent à plus de quinze ans. Et son parcours judiciaire fait écho à bien d’autres témoignages recueillis par Le Monde ces derniers mois, face à une institution débordée par les affaires de violences sexuelles.
Du traumatisme laissé par le gendarme chargé de l’enquête à Dinan (Côtes-d’Armor) au silence pendant un an du commissariat de Bourges, dans le Cher, finalement compétent, en passant par une lettre d’excuses d’une magistrate au parquet de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), dont les éléments se révéleront finalement inexacts, Anne résume : « C’est ça le traitement réservé à celles qui viennent dénoncer des viols sur mineur ? »
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