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Corse : le caïd de la drogue Yassine Akhazzane condamné à vingt-deux ans de réclusion pour avoir ordonné l’incendie d’un hôtel

Corse : le caïd de la drogue Yassine Akhazzane condamné à vingt-deux ans de réclusion pour avoir ordonné l’incendie d’un hôtel

En condamnant à vingt-deux ans de réclusion criminelle, samedi 10 octobre, le narcotrafiquant Yassine Akhazzane, la cour d’assises de Corse-du-Sud a adressé un message de sévérité. Le chef de l’une des 21 bandes les plus puissantes de Corse, selon la police, avait conçu et ordonné depuis sa cellule du centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet, l’incendie le 20 juillet 2021 de l’hôtel Bella Vista situé à Porticcio, sur la rive sud du Golfe d’Ajaccio : il a été reconnu coupable de « complicité de destruction en bande organisée » en récidive. Son exécutant et coaccusé, Amine Beryah, a quant à lui été condamné à quinze ans de réclusion criminelle.

Le prononcé, lu par le président Michel Bonifassi, a égrené les 11 questions auxquelles les jurés ont répondu oui. Dans son box de verre, entouré par sept agents cagoulés, le chef criminel n’a pas cillé.

Durant six journées, l’audience s’est déroulée sous haute tension : un important dispositif policier avait bloqué le quartier du palais de justice d’Ajaccio, encadrant la sécurité de Yassine Akhazzane, seul détenu corse au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), gotha des voyous français les plus redoutables.

« C’est une affaire emblématique de l’emprise mafieuse en Corse que combattent des collectifs », a rappelé à l’entame d’un réquisitoire énergique l’avocate générale Sterenn Hell, imputant à Yassine Akhazzane une « lourde responsabilité » dans ce contexte insulaire où règnent « peur et silence ».

La représentante du ministère public a dépeint les stigmates de cette chape de plomb, signalant que seuls vingt jurés sur les 60 tirés au sort se sont présentés à l’audience. Le gardien de nuit frappé, menacé au sol le soir des faits par le commando incendiaire, qui a confié avoir eu sa vie « brisée » ? Absent lui aussi, il a été représenté par son avocat Me Alain Falzoi. Le gérant de l’hôtel Bella Vista, lui, ne s’est pas constitué partie civile, mais a déposé à la barre. « Que voulons-nous pour la société corse ? », a questionné l’avocate générale en répondant elle-même à son interrogation : « Le droit de travailler sans crainte. »

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