Les hommes tombent, mais le président reste. Ces derniers mois, les enquêtes anticorruption ukrainiennes ont emporté plusieurs figures parmi les personnes les plus proches de Volodymyr Zelensky. Jusqu’au tout-puissant chef de l’administration présidentielle, Andriy Yermak, longtemps considéré comme le numéro deux du pays. Plus de cinq mois après sa démission à la suite de perquisitions à son domicile, ce dernier a été mis en cause, le 11 mai, pour une affaire de blanchiment d’argent liée à la construction de quatre villas de luxe dans la région de Kiev.
Les enquêteurs ont affirmé que le chef d’Etat, bénéficiant d’une immunité, n’était pas visé par leurs investigations. Mais ces affaires ont mis en lumière les limites d’un modèle de gouvernance fondé sur la loyauté personnelle et la concentration du pouvoir, alors que le président avait été élu sur la promesse de transformer en profondeur le système politique.
Lorsqu’il arrive au pouvoir, en 2019, Volodymyr Zelensky apparaît comme l’antithèse de ses prédécesseurs. Comédien et producteur sans expérience politique, porté par la série Serviteur du peuple, dans laquelle il incarnait un professeur d’histoire devenu président pour débarrasser son pays de la corruption, il promet de rompre avec les pratiques qui ont discrédité l’Etat ukrainien depuis son indépendance, en 1991. Son succès repose sur une idée simple : le problème de l’Ukraine réside avant tout dans ceux qui la dirigent. Il suffirait donc de les remplacer pour transformer le pays.
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