Son intervention donne sa dimension sensible à l’exposition « Patrimoines en résistance », proposée par la Cité de l’architecture et du patrimoine (CAPA) à Paris, dont il est commissaire associé : Yves Ubelmann, créateur en 2013 de la start-up Iconem, montre depuis quinze ans comment les technologies les plus avancées ont aiguisé la perception du patrimoine et de sa préservation.
Vous êtes architecte de formation. A quel moment vous êtes-vous dit que l’image pouvait aussi être une arme de préservation du patrimoine ?
Très vite, je me suis intéressé à l’archéologie, et j’ai travaillé en Afghanistan avec des équipes de fouilles dès 2007. En 2009, avec quelques collaborateurs, nous nous sommes dit que l’on pouvait expérimenter de toutes nouvelles technologies permettant de documenter ces sites : les drones et la photogrammétrie. A l’époque, on bricolait nous-mêmes nos drones, on n’en trouvait pas encore dans le commerce.
Quel est le principe ?
Le drone prend des milliers d’images sur site. Et, à partir de ces images, on a les moyens, par des traitements informatisés, une forme de photogrammétrie améliorée par l’IA [intelligence artificielle], de reconstituer un monument en volume. Tous les pixels des images viennent se projeter dans l’espace pour recréer une sorte de double numérique de l’objet qu’on a scanné. On a expérimenté ces techniques sur le site de Mes Aynak, en Afghanistan. Et on a retrouvé des dizaines de monastères bouddhiques de la civilisation Kushan (approximativement du Ier au IVe siècle).
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