Il est des artistes reconnus de leur vivant et particulièrement influents dans des cercles artistiques, tombés depuis dans un oubli relatif. C’est le cas du Belge Frans Masereel (1889-1972) qu’une ambitieuse exposition du Musée de l’image de la ville d’Epinal, dans les Vosges, s’attache à faire redécouvrir jusqu’au 20 septembre. De nos jours, on retient de ce maître de la gravure sur bois son rôle de précurseur du roman graphique sans texte, depuis la publication, en 1918, de 25 images de la passion d’un homme, notamment grâce au précieux travail de réédition mené ces dernières années par les Editions Martin de Halleux.
A l’époque, on ne parlait pas encore de roman graphique, encore moins de bande dessinée. Mais la puissance narrative de ces récits xylographiés en noir et blanc, leur symbolisme très accessible et populaire, destinés à un public adulte là où les illustrés se tournaient essentiellement vers la jeunesse, esquissent déjà les contours du 9e art.
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