Politique

A Mayotte, la gestion trouble du port de Longoni cristallise les rivalités politiques

A Mayotte, la gestion trouble du port de Longoni cristallise les rivalités politiques

Mardi 1er septembre, la convention de délégation de service public, signée en 2013 par le conseil départemental avec la société Mayotte Channel Gateway (MCG) deviendra caduque. Pour assurer la gestion quotidienne du port de Longoni et le déchargement des conteneurs (où arrivent plus de 95 % des marchandises consommées), le département-région de Mayotte a voté, en février, la création d’un établissement public industriel et commercial. « La priorité absolue est d’éviter une rupture des approvisionnements », assure dans les médias locaux le président de la collectivité, Ben Issa Ousseni (Les Républicains). Cette solution, considérée par ce dernier comme la meilleure et transitoire, est désormais contestée par une partie des élus qui, en outre, se montrent opposés à l’évolution de cette infrastructure vitale vers un statut de grand port maritime promis par l’Etat dans le cadre de la loi de programmation pour la refondation de Mayotte, promulguée en août 2025.

Si ces vifs débats agitent l’archipel, c’est en raison d’une décision de justice peu courante et lourde de sens. Le tribunal administratif de Mayotte a, le 16 juin 2025, mis fin à la délégation de service public, deux ans avant son expiration, à la suite d’une requête de l’Union maritime de Mayotte (UMM). Ce regroupement d’entreprises portuaires dénonçait des abus et de graves manquements de la part de la société MCG, déjà signifiés par des rapports de la chambre régionale des comptes, des plaintes ou encore des avis de l’autorité de la concurrence. Mais aussi par le département de Mayotte qui se plaignait, dès 2017, auprès du ministère des outre-mer, de « graves difficultés entravant le fonctionnement du port ».

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