Une Marche des fiertés LGBT + a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Metz, samedi 13 juin, deux semaines après le meurtre de Noahm, 19 ans, dont la possible motivation homophobe fait l’objet d’une enquête.
A quelques mètres de l’endroit où le jeune homme homosexuel a été violemment agressé dans la nuit du 29 au 30 mai, sur la place du Palais de justice de la ville, son cousin Nabil a pris la parole au micro, a rapporté un journaliste de l’Agence France-Presse.
« Que son histoire nous rappelle pourquoi les prides existent encore et pourquoi elles sont nécessaires », a clamé Nabil sous un tonnerre d’applaudissements.
Noahm est mort le 2 juin des suites de ses blessures. Deux hommes de 20 et 27 ans ont été mis en examen, dans un premier temps pour « meurtre aggravé par l’état d’ivresse manifeste ». Le drame a rapidement été dénoncé comme un meurtre homophobe par des associations LGBT + et des personnalités politiques, dont le leader « insoumis », Jean-Luc Mélenchon.
Mardi, Noahm a été associé à la minute de silence observée à l’Assemblée nationale pour Lyhanna, tuée à 11 ans dans le Gers.
Des « standards virilistes »
Le procureur de Metz, David Touvet, qui avait d’abord écarté la thèse d’un meurtre homophobe, a finalement élargi l’enquête, jeudi, pour y inclure la circonstance aggravante d’homicide commis en raison de l’orientation sexuelle.
Les avocats des suspects se sont interrogés sur ce changement de pied, se demandant s’il provenait de la médiatisation de l’affaire. L’avocate de la famille de Noahm, Sophie Friha, s’est félicitée de la décision, affirmant qu’elle avait été prise en fonction d’« indices graves et concordants ».
Le maire de Metz, François Grosdidier (divers droite), s’est également réjoui, samedi, « que le parquet ait retenu le caractère homophobe de ce meurtre », se défendant de toute récupération politique. « Ce qu’il faut, c’est combattre les idées dans les têtes comme vous le faites par la joie et par la fête », a déclaré l’élu sous les huées.
« Noahm était efféminé… Aujourd’hui, un homme qui ne correspond pas aux standards virilistes est encore une cible », a déploré une porte-parole de l’association Force féministe. Après une minute de silence en hommage à Noahm, Frédéric Bauer, président de l’association Couleurs gaies, a évoqué sa « crainte de voir l’extrême droite arriver au pouvoir » en 2027.
« Les conséquences pour les associations et les populations LGBTQI + seraient terribles », a-t-il anticipé, en dénonçant « la fin de symboles, de subventions, la déprogrammation de pièces de théâtre en lien avec les minorités » dans des communes dirigées par le Rassemblement national.