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Des milliers de manifestants défendent les free-parties à Paris et à Bordeaux

Des milliers de manifestants défendent les free-parties à Paris et à Bordeaux

A Paris et à Bordeaux, plusieurs milliers de personnes ont défilé, samedi 13 juin, à Paris et à Bordeaux, pour défendre les free-parties, menacées selon eux par le projet de loi Ripost, qui prévoit de durcir la législation autour de ce type d’événements.

Une dizaine de camions diffusant de la musique techno, trance et électro ont avancé dans Paris dans une ambiance détendue, réunissant teufeurs et sympathisants du mouvement free, pour la plupart très jeunes.

« Nos raves sont réalité » ou encore « Les violeurs en prison, pas les teufeurs », pouvait-on lire sur des pancartes brandies dans le cortège, qui s’est élancé de la place Stalingrad dans le nord-est de Paris.

Une défense de la « culture » des rave parties

« Ce qui les dérange vraiment (dans les free-parties), c’est le fait que l’Etat et le gouvernement n’aient pas la mainmise sur ces lieux-là qui sont autogérés », dénonce Sebastian, 23 ans, qui comme tous les autres participants interrogés par l’AFP n’a pas souhaité donner son nom de famille. Habitué de ce genre de fêtes gratuites et non déclarées, il voit dans ces évènements « un refuge dans lequel [il] peut vraiment faire une pause ».

Caroline, 29 ans, a découvert les free-parties récemment, après avoir longtemps fréquenté les clubs techno. « C’est vraiment un espace de liberté comme on n’en trouve plus beaucoup dans la société, défend-elle. Trouver un endroit où tu n’es pas obligé de payer, pas obligé de consommer, je me suis beaucoup plus reconnue là-dedans que dans les clubs techno. »

A Bordeaux, 2 500 fêtards - selon la préfecture - ont pris part à une « manifestive » aux revendications identiques. Sous couvert d’anonymat, une organisatrice de « sound system » non autorisés a expliqué à l’Agence France-Presse être venue défendre la « culture » des rave parties, éloignée selon elle « de ce qu’on colporte dans les médias en matière de dangerosité ou de propreté ».

« On se bat pour la liberté »

« La sécurité et les déchets, on y pense constamment. Je n’ai jamais organisé de soirée qui se soit mal passée », assure cette jeune femme de 26 ans, qui se fait appeler « Cheval fou ». « Ça les dérange que ce soit libre. On se bat pour la liberté et c’est d’autant plus important dans le contexte actuel », affirme-t-elle.

Des collectifs de défense des free-parties sont à l’initiative de cette mobilisation, qui a déjà donné lieu à plusieurs manifestations un peu partout en France depuis la fin du mois de mai.

Adopté au Sénat, le projet de loi Ripost attend d’être débattu à l’Assemblée nationale. Pour les organisateurs de fêtes, il prévoit une peine de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, et jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende pour les participants. Le seuil de déclaration obligatoire en préfecture serait abaissé à 250 participants, contre 500 actuellement.

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