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« Ça nous bouffe, cette affaire Lyhanna » : à la réunion publique au tribunal de Meaux, les questions, les doutes et la colère des magistrats et des citoyens

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Il est autour de 18 h 30, mercredi 17 juin, dans la grande salle d’audience du tribunal de Meaux (Seine-et-Marne), presque pleine. Une soixantaine de personnes, beaucoup de femmes, une majorité de cheveux blancs, mais aussi quelques jeunes ont répondu présent à ce moment d’information et d’échange, après l’émotion et la colère suscitées par la mort de Lyhanna, collégienne dont le corps a été retrouvé le 4 juin, dans le Gers.

Cela fait presque une heure que la séance de questions-réponses a commencé, quand le procureur de la République, Jean-Baptiste Bladier, s’autorise à fendre l’armure. « Ça nous bouffe, cette affaire Lyhanna. Mes parquetières, je sais que la nuit, elles repensent aux dossiers de la journée. La force et la faiblesse de la justice, c’est d’être servi par des êtres humains. Je vous dois beaucoup de choses, mais pas mon infaillibilité, car je ne peux pas vous la donner. En vingt-cinq ans de métier, j’ai dû forcément faire des erreurs, c’est impossible que ça ne soit pas arrivé. »

Il y a dix jours, le dimanche 7 juin, Jean-Baptiste Bladier est au téléphone avec son collègue procureur d’Amiens, qui lui annonce son projet d’organiser au sein de son tribunal une réunion citoyenne autour des interrogations soulevées par la mort de la fillette de 11 ans et les éventuels ratés de la justice dans le suivi des antécédents du principal suspect, Jérôme Barella. Le procureur de Meaux trouve l’idée excellente et contacte immédiatement Paul Huber, président du tribunal, pour lui suggérer de tenir une telle réunion. La date du 17 juin est fixée.

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