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Erik Tegnér, le directeur du magazine d’extrême droite « Frontières », condamné à six mois avec sursis pour divulgation de données personnelles d’avocats

Erik Tegnér, le directeur du magazine d’extrême droite « Frontières », condamné à six mois avec sursis pour divulgation de données personnelles d’avocats

Le fondateur et directeur du média identitaire Frontières, Erik Tegnér, a été condamné, jeudi 18 juin, par le tribunal correctionnel de Bobigny à six mois de prison avec sursis pour avoir divulgué les données d’avocats spécialisés en droit migratoire.

Absent à la lecture de cette décision, Erik Tegnér est également condamné à 10 000 euros d’amende et doit verser, au titre du préjudice moral, 2 000 euros à chacun des dix avocats plaignants ainsi que 1 euro symbolique aux barreaux et organisations professionnelles d’avocats qui se sont constitués parties civiles.

Les faits remontent au 30 janvier 2025, date de la publication d’une « enquête dans les tribunaux », intitulée « Ces avocats militants qui font du business sur les clandestins » et mettant en cause plusieurs avocats à travers la France. Ces derniers étaient présentés avec leur nom, leur prénom et la ville où ils exercent comme des « militants idéologiques », désignés comme les « coupables » de la crise migratoire et soupçonnés d’avoir fait un « business juteux » de la défense des migrants.

Jeudi, le président du tribunal, Youssef Badr, a souligné combien Erik Tegnér « ne pouvait ignorer que la publication était susceptible de causer des comportements violents à l’égard des avocats ». « Loin de se limiter à une présentation neutre », le magazine a usé à maintes reprises au fil de ce numéro spécial d’une « rhétorique virulente », en dressant, a déploré le magistrat, « une liste accusatoire et stigmatisante ».

Le délit de « doxing »

Après lecture du délibéré, Frédéric Pichon s’est déclaré « scandalisé » et a annoncé que son client Erik Tegnér allait faire appel contre « cette décision, éminemment politique ». « On a détourné, avec une indécence absolument caractérisée, la loi Paty, qui était faite pour protéger des victimes d’infractions terroristes, pour la retourner contre des journalistes », a accusé M. Pichon.

Le délit de « doxing », soit la « divulgation d’information personnelle permettant d’identifier ou de localiser une personne et exposant à un risque indirect d’atteinte à la personne ou aux biens », a été introduit en 2021 à la suite de la mort de Samuel Paty, identifié grâce à son nom et à l’adresse du collège où il enseignait.

Satisfaite de la décision rendue, Agathe Grenouillet a souligné combien les avocats plaignants qu’elle représente avaient « pu ressentir pendant plusieurs mois de la peur juste parce qu’ils ont fait leur métier. Et ça, dans un Etat de droit, ce n’est pas censé pouvoir exister ».

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