Un saut dans le bleu. Sur les affiches placardées à l’entrée de la Halle aux grains à Toulouse, le titre de la nouvelle pièce de Carolyn Carlson, conçue pour le Ballet de l’Opéra national du Capitole, éclate. Ni une ni deux, on est prêt à bondir dans cette promesse d’azur que l’on espère douce et réconfortante. Mais s’agit-il du ciel ou de la mer ? « Au choix selon chacun », répond en riant l’artiste, le regard dissimulé derrière des lunettes de soleil bleutées.
Saisie à la volée, le 7 juin, entre une répétition en costumes et une rencontre avec le public qui se presse aux portes du théâtre, la chorégraphe s’installe vite fait bien fait à l’ombre d’un arbre. Toujours disponible, toujours à fond. « Dans les deux cas, le bleu signifie infini, spiritualité, positivité. Alors que le spectacle traite de la condition humaine, de la souffrance et du courage, ce saut dans le bleu signifie pour moi d’aller au-delà de soi-même », explique-t-elle.
L’horizon de cet opus, qui s’ajoute à la centaine de pièces conçues depuis les années 1970 par cette figure populaire de la scène contemporaine, appelle en mémoire un flot d’images. Celles du solo Blue Lady, créé en 1983 par Carolyn Carlson, à Venise, qui est devenu historique. Mais encore celles de la baie de San Francisco où la dame en bleu est née, de parents finlandais, à Oakland, en Californie. « Enfant, je contemplais pendant des heures les vagues, se souvient-elle. C’est là que j’ai compris la notion d’éternité. »
Il vous reste 76.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.