A Verdun, avec les premiers appelés du service national, nouveaux ambassadeurs de l’« esprit de défense »
Le premier jour, ils sont passés chez le coiffeur : adieu mèches, frisettes et cheveux longs. Il en est un qui a eu les larmes aux yeux en voyant disparaître son épaisse tignasse. Les appelés du service national savaient pourtant où ils mettaient les pieds en rejoignant, début octobre, le 1er régiment de chasseurs de l’armée de terre à Thierville-sur-Meuse (Meuse), une commune limitrophe de Verdun. Le réveil à 6 heures, le lit au carré et la discipline d’acier sont à la fois des clichés et la réalité quotidienne des armées.
L’envie d’être sérieusement encadrés motive d’ailleurs la plupart de ces 30 jeunes – 22 hommes et huit femmes –, qui constituent, avec 3 000 de leurs camarades répartis dans toute la France, la première promotion du service national. Un nouveau dispositif annoncé le 27 novembre 2025 par le président de la République, Emmanuel Macron, dans le but de répondre aux besoins en forces vives des états-majors et de « diffuser », selon les mots du chef de l’Etat, « l’esprit de défense », dans un contexte de retour de la guerre en Europe.
Mais n’allez pas dire que ce nouvel outil serait une nouvelle version du service militaire, qui voyait passer sous les drapeaux, jusqu’à sa suppression, en 1997, une grande partie d’une classe d’âge – masculine –, soit près de 200 000 à 300 000 personnes. Il n’y a ici que des volontaires, de 18 à 25 ans. Faute de place dans les casernes, d’encadrants pour former les troupes et de moyens financiers, la montée en gamme se veut modeste – une cible de 10 000 appelés par an est visée à l’horizon 2030. Le processus – à ne pas confondre avec le service national universel, désormais enterré et qui n’avait pas de vocation militaire – coûte 2,3 milliards d’euros rien que pour cette première année de service.
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