Affaire des viols « libertins »
A l’écart de Reignac, perdue seule entre deux hameaux de ce village de Gironde de 1 600 habitants, la maison longe une route départementale et borde un bois. Le lieu-dit porte un nom de frissons, L’Eau morte. La propriété aux toits d’ardoises n’a jamais été terminée : elle est cernée à l’avant par un mur opaque et brut d’agglos gris, dont les structures métalliques internes pointent vers le ciel, et à l’arrière par des grillages rouillés. Le premier étage, élevé sur une seule partie du rez-de-chaussée, se dresse tel un donjon bas. Dans le vaste jardin laissé à l’appétit des herbes, maîtresses des lieux depuis le placement en détention de son occupant le 10 avril 2025, moisissent un Nissan Terrano grenat, des réservoirs d’eau, une remorque. Sur la terrasse, une table de ping-pong prend le soleil et la poussière, juste devant une porte-fenêtre obstruée par des rideaux, de la même couleur que le véhicule tout-terrain.
C’est à l’intérieur de cette maison, dans une pièce transformée en salon-bar, avec son comptoir et ses chaises hautes, sa cheminée et son carrelage blanc, sa cible de fléchettes et son lit jeté au milieu, que l’une des plus grandes affaires de violences sexuelles de la France contemporaine s’est jouée, avec 19 hommes mis en examen depuis 2024 pour « viols avec torture ou acte de barbarie ».
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