Quatre-vingt-quatre ans jour pour jour après la rafle du Vél’d’Hiv, une plaque commémorative rendant hommage à un couple de Justes a été dégradée dans le sud-est de Paris, a annoncé samedi 18 juillet le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire (Parti socialiste). La plaque se situe au 15, rue Louis-Braille, dans le 12e arrondissement.
« Une plaque commémorative rendant hommage à un couple de Justes et à leur fille, qui sauvèrent un enfant lors de la rafle du Vél’d’Hiv a été dégradée », a dénoncé l’élu socialiste sur les réseaux sociaux, réaffirmant son « soutien indéfectible à la communauté juive », « à l’heure où l’antisémitisme progresse chaque jour dans la société et à la veille d’un week-end de commémoration de la rafle ».
Sur une photo que le maire a publiée, elle apparaît largement vandalisée. La partie supérieure de la stèle, « En hommage à Arsène et Angèle Richard et à leur fille Marcelle, Justes parmi les nations », est encore visible, mais la partie inférieure − « qui sauvèrent la vie de leur jeune voisin Edmond Richemond en le cachant dans cet immeuble lors de la rafle du Vél’d’Hiv le 16 juillet 1942 » − a été partiellement détruite.
« L’antisémitisme sera toujours une priorité absolue »
« Paris est et restera une terre de résistance face à toutes les formes de haine, et la lutte contre l’antisémitisme sera toujours une priorité absolue de mon engagement politique », a encore affirmé Emmanuel Grégoire, alors que les actes antisémites − 1 320 en 2025 − n’ont jamais été aussi nombreux en France que pendant les trois dernières années, selon le ministère de l’intérieur.
Plus de 13 000 personnes ont été arrêtées lors de la rafle du Vél’d’Hiv, les 16 et 17 juillet 1942 à Paris, dont 4 115 enfants. Aucun d’entre eux n’est revenu de déportation. La France compte plus de 4 300 « Justes parmi les Nations » reconnus pour avoir sauvé des juifs pendant la Shoah, selon l’Institut Yad Vashem de Jérusalem.
Selon le Mémorial de la Shoah, Edmond Richemond avait 13 ans lorsque sa mère a été arrêtée pendant la rafle du Vél’d’Hiv. Parvenu à s’échapper, il avait été recueilli par des voisins puis confié plus tard aux Eclaireurs israélites qui l’avaient fait passer en Suisse. Il avait ensuite retrouvé son frère et son père, tous deux survivants du camp d’Auschwitz.