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Affaire Grégory : les faits reprochés à Jacqueline Jacob sont prescrits, selon son avocat

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La justice a déclaré prescrits, mercredi 15 juillet, les faits reprochés à la grand-tante de Grégory Villemin, soupçonnée d’être l’un des corbeaux ayant harcelé les parents du petit garçon tué en 1984 dans les Vosges, a rapporté son avocat à l’Agence France-Presse (AFP).

Jacqueline Jacob, mise en examen le 24 octobre 2025 pour « association de malfaiteurs », avait saisi la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon. Celle-ci a constaté, lors d’une audience à huis clos, que « les faits reprochés à Mme Jacob sont prescrits car ce sont des délits », a expliqué Frédéric Berna.

La grand-tante aurait notamment écrit, selon un expert, la lettre anonyme qui a revendiqué l’assassinat de Grégory Villemin, retrouvé noyé et ligoté à l’âge de 4 ans dans la Vologne. « Voilà ma vengeance. Pauvre con », disait le courrier.

Attente de nouveaux résultats

La mise en examen de l’octogénaire, soupçonnée par un expert d’avoir écrit notamment la lettre anonyme revendiquant l’assassinat, « tombe de facto par la constatation de la prescription », a-t-il estimé, en dénonçant « une erreur d’appréciation énorme ».

« On aura tout vu dans ce dossier sur le plan des aberrations procédurales », a poursuivi Me Berna. « Concrètement, il n’y a aucun élément sur le fond qui permette de considérer que Mme Jacob a participé de près ou de loin à cette affaire », a-t-il assuré.

Malgré ce nouveau revers, les parents du petit Grégory, « Christine et Jean-Marie Villemin demeurent sereins », selon leur avocat, François Saint-Pierre. « Nous attendons maintenant les résultats des expertises en cours, d’ADN et de stylométrie. Nous saurons alors qui elles incriminent », a-t-il dit. « La cour d’appel décidera en conséquence de la remise en examen ou non des Jacob cette fois-ci pour crime d’enlèvement et d’assassinat du petit Grégory », non couverts par la prescription. « L’important est d’aller jusqu’au bout de ce qui est possible pour que la vérité soit établie », a ajouté Me Saint-Pierre.

Jalousie ancestrale

Mme Jacob avait déjà été mise en examen, en 2017, pour « enlèvement et séquestration suivie de mort ». Ces poursuites avaient cependant été annulées, pour simple vice de forme.

Cette fois encore, Mme Jacob, qui se dit innocente, avait demandé l’annulation des poursuites sur des questions de procédure. Ses avocats ont soutenu, lors de l’examen des requêtes, fin mai, que l’octogénaire n’avait pu pleinement s’expliquer avant sa mise en examen et que les faits étaient prescrits, un point sur lequel le parquet général les a rejoints.

Une annulation représenterait la cinquième invalidation dans ce dossier qui a marqué l’histoire judiciaire française et dont Mme Jacob est la seule personnalité toujours mise en cause. Dès le début de l’enquête, les investigations s’étaient orientées vers la haine farouche, faite de jalousies ancestrales, qui aurait existé entre le clan Villemin et les Jacob, famille de la grand-mère de Grégory.