La santé des malades qu’ils soignent est entre leurs mains, parfois jusqu’à leur dernier souffle. Demain, leur mort pourra l’être aussi. La proposition de loi créant une « aide à mourir », soumise ce mercredi 15 juillet au vote solennel de l’Assemblée nationale, dispose qu’un médecin pourra provoquer intentionnellement le décès d’un patient « atteint d’une affection grave et incurable » à sa demande, sous réserve de multiples conditions prévues par le texte. « Une révolution » dans l’exercice de la médecine « qui va dans le bon sens », selon certains médecins, qui suscite « un vertige éthique » chez d’autres. Les soignants bénéficieront, avec ce texte, d’une « clause de conscience », qui leur permettra, s’ils le désirent, de ne pas participer à un processus d’« aide à mourir ».
Depuis qu’Emmanuel Macron a ouvert ce chantier en 2023, les soignants s’affrontent. Entre ceux pour qui « donner la mort ne sera jamais un soin » et ceux prêts à cet « ultime geste d’accompagnement », le clivage est violent. Il traverse le corps médical depuis longtemps. Dans ce débat autour du suicide assisté et de l’euthanasie, une partie des médecins hostiles à « toute mort provoquée » se voit renvoyée à des « convictions religieuses », qui, selon les partisans de la loi sous-tendent leur opposition. La plupart s’en défendent. Ils considèrent que c’est leur éthique de soignant qui est mise à mal.
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