Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a détaillé, lundi 8 juin, le « travail extrêmement important » qu’il a demandé aux procureurs généraux, lors d’une réunion à la chancellerie « dans les prochains jours et prochaines semaines » face aux « défaillances extrêmement graves » observées dans l’affaire Lyhanna.
Lors d’une « réunion de travail » qui a débuté place Vendôme vers 8 h 50, le garde des sceaux leur a demandé, avant le 14 juillet, de « recenser l’intégralité des plaintes qui sont à leur connaissance dans les parquets » et pour lesquelles « une enquête a été ouverte et qui ne connaît pas soit d’information judiciaire, soit de classement, mais pour lequel des actes d’enquête ne sont manifestement pas faits ».
Afin de « prioriser ces plaintes dans un temps record », le ministre a appelé les magistrats à se concentrer sur les plaintes « qui sont à leur connaissance » et sur les « délits ou crimes » pour lesquels les mineurs qui ont déposé plainte « sont encore mineurs », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.
« Urgence absolue »
« C’est d’abord l’urgence absolue, une mobilisation générale que je demande aux procureurs généraux », a fait valoir M. Darmanin, rappelant que ces plaintes constituaient à leur connaissance environ 70 000 plaintes en France.
Le ministre a annoncé qu’il recevra ensuite les procureurs généraux individuellement avant le 31 juillet pour « faire le point, non pas sur les affaires individuelles (…)mais sur les défaillances et les difficultés » dans les différentes procédures. « Y a-t-il d’autres affaires Lyhanna en France ? C’est la question qu’on peut légitimement tous se poser et que je demande aux procureurs généraux de se poser ».
M. Darmanin a déploré « un terrible échec de l’action de l’Etat en général et de la justice ». Il faut « savoir reconnaître, lorsque nous commettons des erreurs, des fautes qui entraînent le drame que nous connaissons, par respect de la famille bien évidemment, mais par respect de tous les Français », a-t-il ajouté.