Rayer la dette d’un trait de stylo, apportant un soulagement immédiat… Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise, a mis au cœur de la campagne présidentielle l’idée d’une annulation de la dette publique, en l’occurrence seulement celle possédée par la Banque centrale européenne (BCE), soit 19 % de la dette française actuelle. Dans ses discours, le leader de La France insoumise rappelle qu’il y a eu de nombreux précédents historiques et qu’une nouvelle annulation ne serait pas si inhabituelle.
Revenons donc à quelques-uns de ces antécédents, pour essayer d’en tirer les enseignements : 1797, la dernière grande banqueroute française ; 1928 et 1932, deux annulations partielles, méconnues, de la dette de la France ; et 1953, enfin, quand l’Allemagne a bénéficié d’une restructuration majeure.
Trois leçons essentielles peuvent être tirées de ces événements. D’abord, si les annulations de dette ont effectivement apporté une vraie amélioration économique dans les années qui ont suivi, elles se sont systématiquement faites après de longues et très difficiles batailles contre les créanciers, s’étirant souvent sur plus d’une décennie. Ensuite, à l’exception de 1797, les prêteurs privés ont systématiquement été épargnés. Enfin, aucun des économistes ou historiens interrogés pour cet article n’estime que la France est dans une situation comparable à celles qui avaient abouti aux annulations précédentes, soit des guerres et une révolution.
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