Économie

Au Brésil, l’ubérisation de l’économie profite à l’extrême droite

Au Brésil, l’ubérisation de l’économie profite à l’extrême droite

Quand s’ouvrent les portes du Renault Captur de Leonardo Queiroz, des LED bleues s’allument, éclairant de confortables sièges en faux cuir. Sur les appuie-tête des sièges avant, des petits panneaux plastifiés rappellent de ne pas boire ni manger, et de vérifier qu’on n’a rien oublié avant de partir. Autant de détails qui montrent que ce chauffeur Uber n’en est pas à sa première course. Voilà plus de huit ans que cet ancien coach sportif s’est inscrit sur la plateforme étasunienne. « J’en avais marre de travailler toute la journée sans flexibilité horaire. Ce que j’aime, c’est qu’il n’y a aucun engagement. Tu travailles quand tu as besoin d’argent », déroule cet imposant gaillard, qui arpente les routes de Rio de Janeiro et de sa banlieue environ dix heures par jour, six jours sur sept.

Un choix qu’ont également fait Roberio Firmino et Kauan de França, livreurs pour iFood et 99Food, deux des principales plateformes de livraison de repas du Brésil. Assis sur un trottoir de Copacabana avec d’autres collègues, ils se partagent un joint, en attendant que leur smartphone, posé sur leurs genoux, leur assigne une commande. Ce vendredi soir, leurs affaires ont beau tourner au ralenti, aucun d’entre eux ne regrette son ancien métier. « IFood a un système de primes, que l’on touche à la fin de l’année si l’on remplit les objectifs qu’ils nous fixent [les sommes varient de 900 à 3 000 reais, entre 158 et 527 euros]. Si on atteint la prime maximum, ça équivaut quasiment au treizième mois d’un employé classique », explique Roberio Firmino, qui compte plus de dix ans d’expérience en tant que salarié dans la restauration.

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