Arthur Fils remporte le Masters 1000 de Cincinnati, la première victoire d’un Français dans cette catégorie du circuit ATP depuis 2014
Il aura donc fallu attendre plus de dix ans pour voir un tennisman français remporter un Masters 1000, la catégorie la plus relevée du circuit ATP après les Grand Chelem. Depuis Jo-Wilfried Tsonga, en 2014 à Toronto (Canada), plusieurs s’en étaient approchés. En vain. Jusqu’à Arthur Fils, pour la toute première finale de sa carrière à ce niveau. Grâce à sa victoire contre l’Américain Frances Tiafoe (6-3, 1-6, 6-0), dimanche 23 août, à Cincinnati (Ohio), le Francilien est même devenu, à 22 ans, le plus jeune Français de l’histoire à accomplir une telle prouesse.
« Ça représente beaucoup d’entraînement, beaucoup de choses, beaucoup de sacrifices (…). Gagner un titre comme celui-ci signifie beaucoup pour moi », a-t-il réagi, juste après sa victoire. « J’ai très bien commencé le premier set », mais, « dans le deuxième, j’ai un peu perdu ma concentration. Il [Frances Tiafoe] m’a mis sous pression », a-t-il déclaré. « Je me suis regardé dans le miroir et je me suis dit : “Si tu perds, tu ne peux pas faire pire que ça. Tu dois te battre !” »
L’histoire est d’autant plus belle que depuis la création du tournoi, en 1899, les Bleus peinaient à s’y imposer, un seul ayant réussi à inscrire son nom au palmarès : Guy Forget, en 1991, au nez et à la barbe de Pete Sampras, alors tenant du titre à l’US Open.
Le parcours d’Arthur Fils dans cette édition a pourtant eu des airs de promenade de santé. Deux succès incontestables face des membres du top 10 : l’Australien Alex de Minaur, 8e mondial, en huitièmes de finale (6-3, 6-4), puis l’Italien Flavio Cobolli, 10e mondial et récent finaliste de Roland-Garros, en demies (6-3, 6-4). Et deux sets seulement concédés au cours de la compétition : un contre le Tchèque Jiri Lehecka, 14e mondial, au troisième tour (6-1, 6-7, 6-3), et un autre pendant la finale, contre Tiafoe.
Toutefois, il restait à gravir la dernière marche : « Une finale, que ce soit en [Masters] 250, 500 ou 1000, c’est toujours particulier. Ce n’est pas toujours le meilleur qui l’emporte, mais celui qui gère le mieux ses nerfs. Je vais tout faire pour être celui-là, expliquait-il dans une déclaration citée par le quotidien L’Equipe, samedi, à la veille du jour J. Même si je suis satisfait, j’attends juste la fin du tournoi. J’espère repartir avec le titre et, après, on pourra célébrer [cela]. »
Bond au classement ATP
Ce sacre confirme la bonne forme du droitier, déjà vainqueur, en avril, de l’ATP 500 de Barcelone (Espagne). Cette saison, le Francilien s’est invité à cinq reprises en quarts de finale en Masters 1000, franchissant trois fois ce cap – demi-finales à Miami (Floride) et à Madrid, sacre à Cincinnati.
Cependant, Arthur Fils avait dû faire l’impasse sur Roland-Garros en raison d’une blessure, avant de connaître une sortie précoce à Wimbledon, après deux tours. « Bien sûr, c’était difficile de ne pas jouer en France, à Paris (…). Je pensais que j’allais faire un bien meilleur printemps parce qu’avec la dynamique que j’avais depuis Miami [en mars], je me sentais très bien, déclarait-il en conférence de presse, après sa qualification pour la finale du Masters de Cinncinati. Il faut simplement l’accepter. Certaines choses arrivent pour une raison. Ce n’est pas grave. »
Le Français est déjà assuré de faire un bond au classement ATP à l’issue de cette semaine, passant de la 21e à la 11e place mondiale. Une situation idéale, à quelques jours du coup d’envoi de l’US Open (du 30 août au 13 septembre), le dernier Grand Chelem de l’année. Son objectif, il ne s’en est pas caché, est d’« essayer d’aller loin dans [l]es grands tournois ». « Je suis donc très content de ma performance et de toute ma semaine, mais je veux encore continuer », a-t-il conclu.