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Au cinéma, l’échange de marchandises licites ou illicites, un véritable moteur à histoires

· Culture

De la boutique de quartier au cargo transocéanique, du dealeur de rue au négociant de matières premières, le cinéma filme une même réalité sous des formes multiples : l’échange de marchandises, licite ou non, comme moteur de récit et comme miroir d’époque. Les cinéastes racontent la même chose : comment un objet, une substance ou une ressource passe d’une main à une autre, et ce que ce passage révèle du monde qui l’entoure. Le commerce le plus intime, celui de la boutique, reste l’un des décors les plus constants du cinéma.

Clerks, les employés modèles, de Kevin Smith (1994), tourné en noir et blanc dans une supérette du New Jersey, fait de la caisse enregistreuse et des rayons mal rangés le théâtre d’une comédie existentielle où l’ennui du commerce ordinaire devient un genre à part entière. Empire Records, d’Allan Moyle (1995), déplace la focale vers un magasin de disques indépendant menacé de rachat par une chaîne, mettant en opposition le commerce à taille humaine et la standardisation des grandes enseignes. Idée que l’on retrouve, sur un mode plus sentimental, dans Vous avez un message, de Nora Ephron (1998) : à New York, une petite librairie familiale doit faire face à une chaîne géante installée de l’autre côté de sa rue ; le commerce se transforme en enjeu affectif autant qu’économique.

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