Le FID Marseille aura bien eu lieu, malgré le vent de la polémique qui s’est abattu sur le festival début juin, près d’un mois avant son ouverture. L’on apprenait alors le retrait du cinéaste israélien Nadav Lapid, face au refus d’une douzaine de cinéastes et intervenants (la Franco-Algérienne Narimane Mari, le Libanais Ghassan Salhab, la Française Aude Fourel, la Palestinienne Aïda Kaadan, entre autres) d’être programmés côte à côte, suivant les principes du boycott culturel.
La situation, caractéristique du climat de polarisation qui gagne aujourd’hui toutes les institutions culturelles, a fait couler beaucoup d’encre. Aux tribunes ont succédé les lettres et contre-tribunes. Le collectif dissident s’est exprimé à son tour (dans la revue en ligne Emitaï notamment) pour dénoncer le manque de clarté du festival, pourtant fenêtre historique des cinémas arabes. Certains ont retiré leurs films, d’autres, comme Narimane Mari ou Aude Fourel, ont finalement choisi de le maintenir.
L’ambiance était encore houleuse, le soir de la cérémonie d’ouverture, le mardi 7 juillet, sur les gradins remplis de monde du Théâtre Silvain, amphithéâtre en plein air entouré de verdure. La soirée a d’abord retenti d’une prise de parole du collectif La Palestine sauvera le cinéma, venu défendre la nécessité du boycott. « Quand des êtres humains sont assassinés (…), la liberté de création ne peut être pensée indépendamment des conditions politiques dans lesquelles elle s’exerce », ont clamé les militants.
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