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Au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis : « On demande des fonctionnaires enseignants et on nous envoie des fonctionnaires policiers »

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Il est l’un des symboles forts de la contestation lycéenne qui agite la France depuis plus de trois semaines. Le symbole « des inégalités scolaires » (Demba, 17 ans), de « l’injustice » (Waël, 17 ans), de « la lutte » (Fatoumata, 17 ans), de « toutes les solidarités » (Inaya, 16 ans), de « la violence de la répression policière » (Sofiane, 17 ans), de « l’instrumentalisation politique » aussi (Sofiane, 18 ans). Certains parlent d’un « effet Eluard ». Mardi 13 octobre, le lycée Paul-Eluard, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a été une fois encore l’un des épicentres du mouvement.

A l’appel d’un « acte V » de la mobilisation, ils étaient plusieurs centaines, originaires de l’établissement ou non, devant les portes : élèves, professeurs, étudiants, une vingtaine d’avocats venus organiser « une chaîne en robe pour protéger les lycéens d’éventuelles violences policières », explique Me Elsa Marcel, et… Greta Thunberg. Paul-Eluard « est l’un des premiers établissements à s’être mobilisé », rappelle, pour justifier sa présence, la militante écologiste suédoise de 23 ans, keffieh palestinien noué autour des épaules. « Il y a plus d’injustices ici qu’ailleurs, il est crucial de les mettre en lumière et de réclamer plus de justice sociale. »

La visite était inattendue. Fatoumata (toutes les personnes citées par leur prénom n’ont pas souhaité donner leur nom de famille), élève de terminale, en a les larmes aux yeux. « Quelle surprise de la voir là, je l’admire depuis longtemps, confie l’adolescente. Sa présence nous montre à quel point notre combat est juste et important. Nos professeurs sont là aussi, à nos côtés, nous valorisons beaucoup leur présence. Tous nous aident à rendre notre mouvement plus visible et dénoncer nos conditions d’apprentissage. »

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