Culture

Le Channel, scène nationale de Calais, entre conflit d’héritage, interrogations sur son modèle et avenir incertain

Sur les murs du Channel, scène nationale de Calais (Pas-de-Calais), la résolution était de longue date proclamée en format géant : « Que demeure toujours vivant dans cet ancien abattoir, l’esprit de ce lieu de vie artistique résolument hospitalier, et que personne ne s’octroie ces corps de bâtiments ni ses organes de direction à d’autres fins. » Un avertissement ?

Lorsque, au début des années 2000, l’architecte Patrick Bouchain fut invité à repenser l’ancienne friche, transformée en un lieu de culture par l’énergie charismatique d’un homme, Francis Peduzzi – venu de l’éducation populaire –, et l’élan scénographique d’un autre, François Delarozière (le concepteur des Machines de l’île de Nantes), il fut envisagé d’abattre les murs d’enceinte. Non, avait répondu l’architecte : vous êtes un camp retranché. Il ne croyait pas si bien dire.

En attendant, du château d’eau, Delarozière fit un belvédère, les abattoirs devinrent une halle modulable à l’envi, un chapiteau aux formes géométriques insolentes fut érigé, on aménagea une salle de restaurant, une librairie… Et le Channel devint ce modèle d’un « lieu de vie artistique » pionnier, qui place Calais sur la carte de France de la culture.

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