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Au procès « Scribe », les « graves difficultés et dérives » du logiciel qui empoisonne la police

Au procès « Scribe », les « graves difficultés et dérives » du logiciel qui empoisonne la police

Les délicates tapisseries figurant les triomphes de Vénus ou d’Apollon n’étaient pas de trop pour adoucir la solennité de l’audience qui s’est déroulée, mardi 30 juin, devant la grand’chambre de la Cour des comptes. La formation du contentieux, compétente depuis 2023 pour sanctionner la mauvaise utilisation des deniers publics, y examinait le naufrage de Scribe, le logiciel de rédaction de procédure pénale de la police qui, onze années après sa mise en chantier, n’est toujours pas opérationnel.

Six hauts fonctionnaires – dont quatre à la retraite – devaient répondre de cette gabegie, chiffrée à quelque 34 millions d’euros par le parquet général, une déflation singulière puisque l’ordonnance de règlement établie au cours de l’instruction, minutieuse enquête retraçant la genèse et la faillite du projet, faisait plutôt état de 257,4 millions d’euros, en y incluant le coût généré par le temps perdu pour les enquêteurs. Finalement, au terme d’une réévaluation, seul a été retenu le préjudice découlant de manière « directe et certaine » des faits reprochés aux personnes renvoyées, soit une liste de quatorze manquements, à l’origine, a souligné le parquet général à l’entame de l’audience, de « graves difficultés et dérives » qui ont conduit à l’échec du projet.

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