Silencieuse, réservée, une foule mélangée, noire et blanche, entre par petits groupes, samedi 7 novembre après-midi, dans le cimetière paysager de Guyancourt (Yvelines) pour la partie publique des obsèques de Pengo Bossio Wangi, 26 ans, fauché, quinze jours plus tôt, le 23 octobre, par des tirs en rafale. Ce jour-là, à Trappes, mais aussi dans la commune voisine de La Verrière, Kevin T. avait délibérément ciblé des personnes de type africain ou maghrébin, tuant Pengo et blessant cinq autres passants dont une fillette de onze ans. A l’entrée du cimetière, samedi, des policiers inspectaient discrètement les sacs.
Sous les couleurs automnales, la cérémonie, toute en retenue, se voulait ouverte à tous, mais pas aux journalistes ni aux politiques. Le Monde et quelques autres médias seront cependant tolérés. Le maire de Trappes Ali Rabeh est aussi présent. L’humoriste et acteur Jamel Debbouze se tient un peu à l’écart et décline tout autre commentaire que le fait d’être venu « par solidarité ». « C’est important d’être là pour montrer notre solidarité », approuve doucement Estelle (qui n’a pas souhaité donner son nom, comme toutes les autres personnes citées par leur prénom), 49 ans, venue d’un département voisin. « J’ai des enfants de 20 ans, et maintenant je pense que cela peut venir de n’importe où », poursuit-elle avec inquiétude.
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