Chroniques de guerre

Ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron sur France 2

Ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron sur France 2

L’interview avait lieu dans l’une des salles d’ordinaire réservées aux diplomates des pays du sommet du G7, lequel s’est achevé, le 17 juin, à Evian. Emmanuel Macron a répondu, jeudi 18 juin, aux questions de la journaliste de France 2, Caroline Roux, dans l’émission « L’Evénement ». Il a évoqué, pêle-mêle, la situation au Proche-Orient, la guerre en Ukraine et les débats autour de la mort de Lyhanna.

Le président de la République a d’abord abordé la situation au Proche-Orient et la signature, la veille à Versailles, de l’accord de sortie de conflit entre les Etats-Unis et l’Iran. Prévue initialement pour la fin de la semaine, elle s’est « finalisée dans les dernières heures de ce G7 », a expliqué Emmanuel Macron.

« En désaccord » avec Benyamin Nétanyahou

Alors que des voix critiques s’élèvent, notamment outre-Atlantique, pour dénoncer une « capitulation » américaine, en référence aux reculades des Etats-Unis sur plusieurs dossiers, le chef de l’Etat a refusé d’utiliser ce terme. Selon lui, « beaucoup des capacités » militaires iraniennes ont été « détruites » et la question de l’uranium enrichi reste à évoquer. « Il y a eu une ambiguïté depuis le début et il a semblé que l’objectif pouvait être ce qu’on appelle un changement de régime. Mais on n’a pas un changement de régime par des bombardements », a-t-il par ailleurs tranché.

Emmanuel Macron a aussi redit la disponibilité de la France et du Royaume-Uni « pour aider à la réouverture du détroit d’Ormuz » en participant à sa sécurisation et s’est dit prêt à participer aux négociations sur le nucléaire iranien. La France va en outre « aider l’armée libanaise à reprendre le contrôle de son territoire », lequel subit des attaques israéliennes meurtrières depuis plusieurs semaines, a-t-il annoncé.

Toujours au Proche-Orient, le président français s’est justement dit « en désaccord » avec la politique de Benyamin Nétanyahou à Gaza, en Cisjordanie et dans le sud du Liban. Il a appelé le premier ministre israélien à « faire preuve de responsabilité et de rationalité » au pays du Cèdre et dénoncé les « colonisations nouvelles et des actes qui sont absolument inadmissibles en Cisjordanie ». Cette politique « alimente le ressentiment, la violence de toutes les populations de la région », a-t-il fait valoir.

Ramener la Russie « à la table des négociations »

Au sujet de la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron a rendu hommage à la résistance de Kiev. « L’Ukraine résiste avec une vaillance, une capacité d’innovation et de production militaire qui stupéfait depuis le premier jour, tout le monde ». Le chef de l’Etat espère mettre « davantage de pression » sur la Russie, pour la « ramener à la table des négociations » et a salué le « chemin parcouru » par Donald Trump sur ce conflit, en référence à son changement brutal de position vis-à-vis de Kiev, au début de l’année 2025.

Abordant en fin d’interview des thématiques intérieures, le président de la République a considéré que le modèle social français « doit continuer d’être réformé », assurant qu’« on ne pourra pas avoir une puissance durable » sans « être plus efficace dans la dépense publique ». « Ce sera la tâche de ceux qui viendront après », a dit Emmanuel Macron, sans toutefois s’exprimer sur sa succession à la présidence, à l’approche de l’élection présidentielle.

Concernant Lyhanna, la collégienne de 11 ans dont la mort a bouleversé la France et déclenché de profonds débats sur la justice, Emmanuel Macron a convenu que « nos sociétés vivent dans une violence avec des situations inacceptables ». Il a estimé n’avoir jamais été « dans l’inaction » sur la question des violences faites aux enfants et dit comprendre l’indignation générale qui, « si on veut qu’elle soit féconde, doit se traduire par des gestes utiles ».

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