Avec la Coupe du monde 2026, la Fédération internationale de football association (FIFA) fait preuve d’un appétit glouton : pour la première fois, 48 équipes – contre 32 précédemment – prennent part à sa compétition reine. Une évolution qui provoque le retour d’un ancien système de qualification pour la phase à élimination directe du Mondial : les « meilleurs troisièmes ».
Pour cette 23e édition, les sélections engagées ont été réparties en 12 groupes de quatre équipes. Les deux premières de chaque groupe, soit 24 équipes, valident directement leur billet pour les seizièmes de finale. Pour que le compte soit bon – 32 équipes accèdent à la phase à élimination directe –, les huit tickets restants sont attribués aux meilleurs troisièmes. Une formule complexe déjà utilisée en 1986, 1990 et 1994, à une période où le tournoi réunissait moitié moins de participants, 24.
« C’est vraiment le pire format », déplore l’économiste du sport Jean-Pascal Gayant. Pour le directeur de l’IUT de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), « cette configuration favorise la probabilité d’avoir des matchs sans enjeu ». Elle augmente aussi le risque que certaines rencontres puissent faire l’objet d’une collusion, comme l’avait souligné Jean-Pascal Gayant, dans une étude menée avec ses confrères Mario Chater, Luc Arrondel et Jean-François Laslier, de l’Ecole d’économie de Paris, et publiée en 2021 dans le European Journal of Operational Research (« revue de recherche opérationnelle européenne »).
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