L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
C’est un film qui nous cueille avec des couleurs, d’abord chaudes et acidulées, celles de Maspalomas, cité balnéaire des Canaries espagnoles, où les tenues des vacanciers gay déclinent tout le nuancier du drapeau LGBTQIA + ; puis les teintes deviennent grises et froides, lorsque survient l’accident qui change radicalement le quotidien de Vicente (José Ramon Soroiz), 76 ans, dont cinquante de « placard ».
Maspalomas, qui a rencontré un certain succès en Espagne, nous vient de deux réalisateurs et scénaristes basques, Aitor Arregi et José Mari Goenaga. Les cinéastes ont fondé, avec trois autres associés, dont Jon Garaño, la société Moriarti Produkzioak, et n’en sont pas à leur première réussite – Handia (2017), d’Aitor Arregi et Jon Garaño, fresque historique sur le destin de deux frères, dont un géant, a récolté dix Goya, l’équivalent des Césars.
Maspalomas s’ouvre dans les dunes à la manière de L’Inconnu du lac (2013), d’Alain Guiraudie. Vicente, mèches blondes et petit bedon sur le slip de bain, vient y chercher un homme à la mesure de ses fantasmes. Un éphèbe se montre avenant, et l’étreinte se fait tout naturellement, dans cette localité où gémissements et musique techno forment la bande-son de l’été – lors d’une scène de fête peuplée de torses nus et de biceps, on se croirait dans Jim Queen, film d’animation queer de Nicolas Athané et Marco Nguyen, sorti en salle mercredi 17 juin. A Maspalomas, immense boîte à ciel ouvert, les jours et les nuits se confondent et se suivent. Playa y fiesta !
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