Ci-gisent les bêtes
« On enterre les chiens, on enterre les chats, deux espèces qui ne s’aiment pas », Raymond Queneau.
Autrefois, il y avait des chats errants qui vivaient dans le cimetière. Une petite maison les accueillait. Ils ne sont plus là. Les animaux ne se visitent pas non plus les uns les autres. Il n’y a pas de chat endeuillé, de chiens éplorés, d’orphelins poilus ni de veuve ailée. On n’imagine pas non plus des fantômes. A part dans Puppy, le magnifique ouvrage de Luz. Ce dernier avait imaginé l’histoire d’un chien mort-vivant, sortant de sa tombe, jouant avec les os des copains ou une balle du cimetière d’Asnières. Un lieu où, comme l’écrit le dessinateur, « seul subsiste l’unilatéral du maître envers l’animal ».
« Unilatéral », c’est le maître mot. Les relations entre pairs, les motivations ou la vision du monde de chacune de ces bêtes trépassées sont absentes. L’éthologie ne s’inscrit nulle part dans ces allées. Et les animaux enterrés ici, magnifiques, héroïques ou anonymes, correspondent tous à l’idée qu’un humain se fait de l’amour, de la gloire et de la beauté.
« Dors, mon petit bonhomme »
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