Il est 16 heures ce lundi 15 juin lorsque le président du tribunal correctionnel de Brest (Finistère) appelle Maël de Calan à la barre. Le président (divers droite) du conseil départemental du Finistère, élu en 2021, bondit de son siège devant une salle pleine surveillée par les forces de l’ordre. L’élu dit « attendre ce moment depuis des mois ». De longues minutes durant, il fusille du regard les parties civiles qui le « traînent dans la boue » et lui imposent « un procès politique ». Sur le banc des plaignants : six bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) ainsi que les représentants départementaux de la CGT et de la Confédération paysanne. Ils reprochent à l’élu, ainsi qu’à l’ancien directeur du service emploi de la collectivité, Romain Chantelot, des faits de « harcèlement ».
« Depuis son élection, le président du conseil départemental a engagé une politique volontariste pour passer de 18 000 [bénéficiaires du RSA] en 2021 à 13 500 en 2025. On observe une mécanique huilée pour réduire, quoi qu’il en coûte, le nombre de bénéficiaires », assure Franck Carpentier, avocat des parties civiles. Le trentenaire a encouragé ses clients à s’engager dans une procédure pénale via une citation à comparaître, persuadé que leur affaire peut s’appuyer sur la jurisprudence du jugement pour harcèlement moral institutionnel prononcé dans le procès France Télécom. L’avocat insiste sur le zèle « systémique » de la collectivité qui a fait chuter, en quelques années, de 25 % le nombre d’allocataires, alors que la moyenne nationale est de 3 %.
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