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Corps retrouvé au parc des Buttes-Chaumont en 2023 : Lakhdar Matoug condamné à 27 ans de réclusion pour le meurtre de son épouse, Assia

Corps retrouvé au parc des Buttes-Chaumont en 2023 : Lakhdar Matoug condamné à 27 ans de réclusion pour le meurtre de son épouse, Assia

Lakhdar Matoug a été condamné, vendredi 10 juillet, à 27 années de réclusion criminelle par la cour d’assises de Paris pour le meurtre de sa femme, Assia, dont il avait ensuite découpé le corps et éparpillé les restes dans le parc parisien des Buttes-Chaumont. L’avocat général avait réclamé jeudi soir une peine similaire. Les deux avocats de la défense n’auront pas réussi à convaincre le jury populaire de l’absence d’intention de tuer de celui qui a aujourd’hui 53 ans.

« Le geste mortel, est-ce qu’il l’a souhaité, est-ce qu’il l’a voulu ? Non, c’était une asphyxie mécanique », avait longuement développé Me Dominique Beyreuther dans sa plaidoirie vendredi matin. « S’il y a une part de doute sur la notion d’intention, elle doit profiter à l’accusé », avait appuyé son confrère, Me Gérard Tcholakian.

Si c’est bien pour « meurtre » que Lakhdar Matoug a été condamné, cinq jours d’audience n’ont pas permis de pleinement éclairer les raisons du passage à l’acte, cette dispute qui, selon lui, aurait dégénéré et l’a conduit à étrangler son épouse – pendant plusieurs minutes, selon les légistes, et non quelques secondes tel qu’il l’a toujours affirmé.

Jeudi, l’avocat général avait retracé la vie de ce couple venu d’Algérie, parents de trois enfants, dans leur T4 de Montreuil (Seine-Saint-Denis), autant miné par les dettes que l’usure de leur relation. « Ces deux-là vivent dans le même appartement mais ne se parlent plus, ou que par messager interposé, par messagerie », avait décrit la représentante de l’accusation.

« Un homme au contraire très ancré »

Davantage encore que le flou du mobile, c’est « l’après tout à fait extraordinaire », tel que qualifié par l’avocate générale, qui a concentré les interrogations. Lakhdar Matoug avait d’abord allongé le corps sans vie de son épouse sur le canapé en demandant aux enfants de ne pas réveiller « maman, fatiguée et malade ». Le lendemain, il avait découpé son corps à la meuleuse, avant de disperser les restes, dans des sacs plastiques, aux quatre coins des Buttes-Chaumont. Lakhdar Matoug s’était ensuite rendu à Bobigny pour, cette fois-ci, jeter le sac contenant le buste d’Assia dans un terrain vague.

La défense avait pu s’appuyer sur des rapports d’expertises faisant état d’un phénomène de « déréalisation », « en dissociation psychique ». « Il n’a pas de réflexion, de stratégie », avait insisté Me Beyreuther, mettant en garde contre une fascination morbide pour un « fait divers sensationnel ». « Il n’est pas dans une préméditation, il n’est pas dans une organisation logistique pensée », avait-elle encore développé.

Jeudi, au terme de son réquisitoire, l’avocate générale avait pour sa part rejeté ces expertises, en rappelant l’achat de la meuleuse le 31 janvier dans une grande enseigne de bricolage du sud-est parisien, les deux allers-retours depuis Montreuil jusqu’aux Buttes-Chaumont, la déclaration de la disparition à la police, les messages laissés à son épouse – « Oui, Assia, t’es où ? » –, jusqu’aux aveux lors de la troisième audition en garde à vue, quinze jours plus tard.

« Pas de déréalisation, pas d’homme sous emprise alcoolique. Un homme au contraire très ancré », avait conclu la représentante de l’accusation.

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