Près des trois quarts de l’humanité pourraient s’intéresser à la Coupe du monde de football qui débute jeudi 11 juin à Mexico. La glorieuse incertitude du sport ne permet pas de savoir si le spectacle sera à la hauteur. L’enjeu économique, lui, ne doit rien laisser au hasard. Même pas les petits profits. La Fédération internationale de football association (FIFA) a, certes, renoncé à interdire les bouteilles d’eau en plastique dans les stades, mais elle a trouvé un moyen de compenser : faire payer 79 dollars (68,40 euros) aux spectateurs qui rêvent de voir leur nom s’afficher sur un prompteur dans l’arène. Au total, grâce aux droits de retransmission et aux billets à des prix astronomiques, l’organisme privé vise un record de 9 milliards de dollars de recettes en 2026.
De leur côté, hôteliers, équipementiers sportifs, médias ou sites de paris en ligne espèrent bénéficier de ce ruissellement. Déjà 1,8 milliard de dollars de transactions ont été enregistrées sur la plateforme de prédictions Polymarket afin de miser sur le nom du futur vainqueur (La France et l’Espagne sont à égalité). C’est colossal. A se demander si le record de 3,6 milliards de dollars établi lors de l’élection présidentielle américaine de 2024 pourrait être battu. Derrière cet engouement se cache, pourtant, un paradoxe. Le football – ou soccer pour nos amis outre-Atlantique – a beau être, de loin, le sport le plus populaire au monde, il n’est pas le mieux valorisé.
Tout en haut du panier, les Dallas Cowboys, le club de National Football League, qui pratique donc le football avec les mains, valent pas loin de deux fois plus que le Real Madrid. Le ballon rond, c’est 5 milliards de fans dans le monde, contre 400 millions pour le football américain, selon une étude de Bank of America. Selon les analystes de la banque, les dix principaux clubs américains de la NFL et de la National Basket Association (NBA) pèsent ensemble 99 milliards de dollars, à comparer aux 56 milliards combinés des dix premiers clubs de football européens.
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