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Coupe du monde de football 2026 : les liens troubles entre la FIFA et les Etats-Unis

Coupe du monde de football 2026 : les liens troubles entre la FIFA et les Etats-Unis

Au crépuscule de sa longue vie, Sepp Blatter ne reconnaît plus « sa » FIFA. A 90 ans, le Suisse, ex-président de la Fédération internationale de football (1998-2015), voit d’un très mauvais œil la Coupe du monde 2026, coorganisée du 11 juin au 19 juillet par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. « Elle repousse toutes les limites avec ses 48 équipes et ses 104 matchs ! » Une hérésie pour le patriarche, alors que son successeur, compatriote et ennemi politique, Gianni Infantino, a élargi le nombre de nations participantes au tournoi, jusqu’ici réservé à 32 sélections. Avec à la clé des revenus record attendus par la FIFA : 13 milliards de dollars (11,18 milliards d’euros) pour le cycle 2023-2026.

Mais il y a plus grave aux yeux de Sepp Blatter. Pour lui, la « bromance » affichée entre le patron de la FIFA et Donald Trump depuis le vote d’attribution du Mondial 2026, en juin 2018, démontre que « l’activité politique [de la FIFA], non conforme à ses statuts quant au devoir de neutralité de l’instance, a atteint son paroxysme ». Grâce à l’aide de Gianni Infantino, regrette Sepp Blatter, « les Etats-Unis n’ont eu aucun mal à s’imposer comme une grande puissance du football ».

Pour mieux comprendre la montée en régime du soft power américain dans le monde du ballon rond, il faut revenir plus de quinze ans en arrière. Le 2 décembre 2010, à Zurich (Suisse), Sepp Blatter annonce d’une voix blanche la victoire du Qatar dans les urnes (14 voix à 8) face aux Etats-Unis, au quatrième tour du vote d’attribution du Mondial 2022. Pour la délégation américaine, c’est la douche froide. Une trahison et un crime de lèse-majesté.

« Le Qatar a acheté les voix »

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