Emmanuel Macron a annoncé, jeudi 24 septembre, l’envoi de « moyens militaires » en Arabie saoudite et a défendu son action internationale pour faire baisser les prix du carburant, sans toutefois exclure de devoir, à terme, baisser les taxes pour éviter leur augmentation.
Lors d’un entretien au journal de 20 heures de TF1 et France 2, le président de la République a assuré que les autorités faisaient « tout » pour « éviter » des pénuries, et que l’approvisionnement « en diesel, en gaz, en fioul » était garanti « d’ici à la fin de l’année », il n’a pas totalement écarté des problèmes début 2027 « si la crise devait empirer ». En cause, a-t-il réaffirmé : la guerre au Moyen-Orient, et les tensions extrêmes dans les détroits stratégiques d’Ormuz et de Bab Al-Mandab ainsi que, dans une moindre mesure, la guerre en Ukraine.
Emmanuel Macron a donc annoncé qu’il engageait des « moyens militaires, c’est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense, pour protéger » le site de Yanbou, principal terminal saoudien d’exportation de brut sur la mer Rouge mais aussi cible des Houthis du Yémen. Il a toutefois martelé ne pas vouloir « engager » la France dans le conflit entre le royaume et ces rebelles pro-iraniens.
Selon le chef de l’Etat, qui n’a pas exclu le recours aux avions de combat Rafale « selon les besoins », l’impact d’une détente sur ce site-clé peut s’avérer « immédiat sur le prix à la pompe ». Il a aussi mis en avant les « discussions avec les Iraniens et les Omanais pour rouvrir » le détroit d’Ormuz.
Le message présidentiel est clair : la France, qui « a une grande diplomatie » et « pèse » dans cette région, peut « avoir des résultats » par son action internationale puisque les causes de la flambée des prix sont « géopolitiques ». « Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes », a-t-il insisté.
En réponse à de nombreux opposants qui réclament, eux, cette baisse des taxes, tout comme une majorité des Français selon les sondages, Emmanuel Macron s’est gardé de se l’interdire. « En fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure », a-t-il reconnu. « On ne laissera pas les prix s’envoler pour les Français », a-t-il encore promis, alors que le gazole atteint déjà un niveau record autour de 2,40 euros le litre.
« Double moratoire »
Par ailleurs, le chef de l’Etat a aussi relancé sa proposition de « double moratoire » dans le conflit ukrainien, concernant les frappes contre les infrastructures énergétiques et civiles en Ukraine et en Russie, ainsi qu’en mer Noire. Mais il s’est montré pessimiste sur les intentions de Moscou : une nouvelle mobilisation russe de 300 000 hommes pour tenter de s’emparer de « tout le Donbass » est « un scénario qui nous paraît crédible », a-t-il lâché.
Il a aussi estimé que la France pouvait à son tour être visée par une tentative d’attaque à l’aide d’un drone chargé d’explosifs, comme à l’aéroport de Leipzig début août. Une attaque que l’Allemagne avait attribuée à la Russie.
A un peu plus de sept mois de son départ de l’Elysée, Emmanuel Macron a aussi dû se justifier, face aux questions de Gilles Bouleau et Caroline Roux, sur l’absence de marges de manœuvre budgétaires en raison de la dette de la France qui s’est considérablement creusée sous ses deux quinquennats.
« Je ne regrette pas du tout le « quoi qu’il en coûte » », c’est-à-dire les aides publiques mises en place lors de la pandémie de Covid-19, a-t-il assuré. Il a affirmé regretter plutôt de ne pas avoir « assez réformé le modèle social » pour faire baisser les dépenses. Celui qui se pose en « garant » jusqu’au scrutin, et refuse pour l’instant de soutenir un candidat en lice, en a donc appelé à « l’esprit de responsabilité » des forces politiques pour adopter le budget « solide » et « juste » présenté par Sébastien Lecornu, avec 54 milliards d’euros d’effort.