Chroniques de guerre

Des drones chargés d’œufs durs et de viande séchée : sur le front du Donbass, un magasinier veut améliorer le quotidien des soldats ukrainiens

Des drones chargés d’œufs durs et de viande séchée : sur le front du Donbass, un magasinier veut améliorer le quotidien des soldats ukrainiens

Une petite cuisine remplie de cartons dans un village anodin de la périphérie de Kramatorsk, dans le Donbass (est de l’Ukraine). Ce 12 juin, Serhiy (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille) y prépare des œufs durs, met des légumes sous vide et découpe de fines lamelles de viande, destinées à être séchées. D’ici quelques heures, ces victuailles seront fixées sous des drones, qui les transporteront jusqu’à des positions ukrainiennes situées, pour certaines, à plus de vingt kilomètres de là, au plus près des combats.

Dans certains secteurs du front, les déplacements sont devenus si dangereux que les fantassins en première ligne ne peuvent plus être ravitaillés par véhicule. Pour manger, boire ou recevoir des médicaments, ces derniers dépendent désormais largement de livraisons aériennes.

A 44 ans, Serhiy, nom de guerre « Ragnar », n’est pourtant pas cuisinier. Au sein de la 24e brigade mécanisée, il est magasinier, chargé de la gestion des stocks et de la logistique. La cuisine est venue plus tard, sur son temps libre. Trois ans après avoir rejoint l’armée, cet homme sec et musclé, au visage taillé au couteau, s’est forgé une solide réputation auprès des dizaines de soldats dont il assure désormais une partie du ravitaillement. « Il y a encore un an, on pouvait atteindre les positions avec des véhicules et leur apporter de la nourriture fraîche, raconte-t-il. Aujourd’hui, c’est devenu beaucoup plus compliqué. »

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