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Dix ans après, recueillement à Nice et au Mondial en mémoire des victimes de l’attentat du 14-Juillet

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Cérémonie sobre en présence du président de la République, Emmanuel Macron, et minute de silence en mondovision avant la demi-finale des Bleus : dix ans après, Nice rend hommage, mardi 14 juillet, aux victimes de l’attentat qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais.

Ce soir-là, le Tunisien Mohamed Lahouaiej Bouhlel a provoqué un carnage en fonçant, sur près de 2 kilomètres, au volant d’un camion de 19 tonnes dans la foule, qui venait d’assister au feu d’artifice, avant d’être abattu par la police.

Dans son sillage, il a laissé des dizaines de corps, de Niçois et de visiteurs de tous âges et de toutes confessions, décimant des familles entières. La plus jeune avait 2 ans, la plus âgée 79 ans.

A Nice, la journée de mardi a commencé par un défilé républicain sur la place Masséna, théâtre habituel des parades du carnaval. Aux côtés des militaires, policiers, pompiers et SAMU ont été ovationnés par le public, pour l’essentiel des familles de victimes.

Une minute de silence à Arlington

Invitée par le maire de Nice, Eric Ciotti (Union des droites pour la République), son allié, Marine Le Pen, assise au premier rang, a été applaudie à son arrivée. Saluant les familles à la fin du défilé, elle a jugé « extrêmement important » d’être présente pour exprimer sa compassion et « la volonté de faire en sorte qu’on ne s’endorme pas dans la lutte contre le terrorisme (…). Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas eu d’attentat [récent] qu’il faut baisser la garde ».

La présence de la candidate du Rassemblement national à la présidentielle a été critiquée par la gauche niçoise, ainsi que dans un éditorial du quotidien Nice-Matin : « La mémoire et le deuil appellent le silence et le respect, pas une opération de communication ourdie comme un jalon vers l’Elysée. »

L’heure devrait en revanche être à l’unité lors de la cérémonie mémorielle prévue à 18 heures sur la même place, où seront présents M. Macron, ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy, plusieurs ministres et anciens ministres, des représentants de partis ou encore du prince Albert II de Monaco.

La cérémonie commencera par la diffusion d’un montage vidéo de témoignages de personnes présentes le soir du drame, puis 43 enfants et 43 des premiers secouristes et membres des forces de l’ordre arrivés sur les lieux déposeront un rameau d’olivier sur 86 chaises bleues emblématiques de la promenade des Anglais, chacune gravée du nom d’une victime.

Après le passage de la Patrouille de France, des représentants des associations de victimes doivent prendre la parole, puis M. Ciotti et enfin M. Macron. La plupart des personnalités ont prévu de repartir dans la foulée, mais les familles des victimes et le public sont invités à un concert de musiques de films proposé par l’Orchestre philharmonique de Nice dans un jardin voisin.

Au même moment, à Arlington, près de Dallas (dans l’Etat du Texas, aux Etats-Unis), les joueurs et le public observeront une minute de silence en mémoire des victimes, avant le coup d’envoi à 21 heures de la demi-finale entre la France et l’Espagne de la Coupe du monde de football.

Amertume de nombreuses victimes

« Le 14 juillet, c’est la fête nationale. C’est aussi, malheureusement, depuis quelques années, une date de deuil », avait regretté lundi Jules Koundé, défenseur de l’équipe de France. Avant de s’envoler pour les Etats-Unis, les Bleus avaient reçu quelque 70 enfants victimes pour un temps d’échanges à Clairefontaine (Yvelines).

De quoi peut-être apaiser un peu l’amertume de nombreuses victimes qui traînent depuis dix ans la désagréable impression que leurs souffrances émeuvent beaucoup moins que celles des victimes des attentats parisiens de 2015. Y compris à Nice, où la « prom » a entamé mardi matin une journée d’été classique entre joggeurs, promeneurs, plage et farniente.

Dans la soirée, la célèbre avenue bordée de palmiers prendra cependant le temps de se souvenir, avec un spectacle de 2 016 drones à 22 heures pour évoquer la dignité et l’unité, puis 86 faisceaux bleus seront braqués vers le ciel à 22 h 34, heure à laquelle le camion a été stoppé.