Dominique de Villepin, probable candidat à la présidentielle, a estimé, mercredi 15 juillet, que le vainqueur de l’élection devra forcément augmenter les impôts et que ceux qui prétendent le contraire sont des « menteurs ».
« Tout le monde souhaiterait pouvoir dire : “Nous n’augmenterons pas les impôts” », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse ouverte à quelques médias, dont l’Agence France-Presse (AFP), et à des influenceurs. Mais « tous ceux qui seront élus les augmenteront, c’est aussi simple que ça. Donc il y a des menteurs, et puis il y a des gens qui essaient d’anticiper la vérité », a-t-il fait valoir.
Ne pas augmenter les impôts serait ignorer « l’immensité du trou qui est devant nous », a estimé l’ancien premier ministre de Jacques Chirac, qui veut ramener le déficit public sous les 3 % du produit intérieur brut (PIB) à la fin du prochain quinquennat.
Gabriel Attal, candidat du parti Renaissance à l’Elysée, a au contraire promis un plan d’économies sans hausse d’impôts. Dominique de Villepin, lui, plaide pour une « contribution des plus aisés » avec un retour, sous une nouvelle forme, de l’impôt sur la fortune (ISF) supprimé en 2018.
« Nous avons besoin d’un impôt qui conduise les plus aisés à donner des exemples » car c’est à eux « de faire la part la plus importante de l’effort », a dit cet ancien membre de l’UMP. Mais il a aussi dénoncé l’« irresponsabilité » de certains partis politiques de gauche qui pensent « que la seule solution, c’est d’aller tondre les riches ».
Une conférence de presse ouverte aux influenceurs
L’ex-chef de gouvernement s’exprimait au siège parisien de son jeune parti, La France humaniste, devant une poignée de journalistes ainsi qu’une dizaine d’influenceurs et de représentants des nouveaux médias. Il s’agit d’un format de conférence que son équipe souhaite pérenniser.
Questionné sur ce choix, Dominique de Villepin a enjoint aux médias traditionnels de ne pas faire de « crise de jalousie ». Les Français « ne consomment pas l’information de la même façon » aujourd’hui et s’appuient davantage sur les réseaux sociaux, a-t-il justifié. « Il est important qu’on prenne en compte cette diversité des voix. »
Le candidat « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, avait également été critiqué quand il avait lancé, en février, des conférences de presse réservées aux « nouveaux médias numériques » − principalement des influenceurs de gauche dans son cas. « Moi, j’invite et les médias traditionnels et les nouveaux médias (…), je rassemble, c’est une différence très profonde », a assuré Dominique de Villepin.
Le diplomate de formation, doté d’une popularité élevée mais d’intentions de vote faibles, n’a pas encore officialisé sa candidature. Il ne prévoit pas de le faire avant l’automne, selon son entourage.